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21/06/2007

Ce que j'entends

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        1...

         Je ne suis pas comme certains qui aiment le chant des oiseaux au petit matin. (Je garde d’ailleurs un très mauvais souvenir de mon dernier séjour à la campagne, où tout n’était que calme et respiration harmonieuse de mère nature.) 

         Non, j’aime le bruit de la ville qui se réveille. C’est pour cette raison que je dors la fenêtre ouverte, été comme hiver, et du côté de la rue je vous prie ! Alors, je ne me sens pas seul.

         J’aime quand la nuit est turbulente. Ma rue voit rentrer tous les soirs des fêtards, des couples bourrés et des étudiants. Ma rue est un raccourci qu’empruntent les ambulances pour rejoindre l’hôpital d’Ixelles et chaque fois ça me transporte de bonheur ; je ne suis pas seul. Il y a les sirènes des pompiers et surtout celles de la police ! Même en pleine nuit, ils s’assurent que la ville les entend ! Les voleurs ne dorment pas, eux non plus... Il y a les crissements de pneus des jeunes qui rentrent avec un permis tout frais en poche et probablement une ligne de vie très courte. Il y a les courses nocturnes que se font les motards avenue de la Couronne, malgré les nombreuses plaintes des riverains. Ca fait partie de la ville.

         Je me relève très souvent vers 3 heures du matin pour aller fumer une cigarette et vérifier que tout est bien en ordre ; qu’il y a bien les rangées de voitures garées les unes derrière les autres, que les lumières éclairent les trottoirs et que des milliers de sacs poubelles s’entassent en attendant le doux et rassurant bruit du collecteur de déchets qui viendra les ramasser (je ne manque jamais ce spectacle : le spectacle des hommes jaunes qui lancent les sacs dans le ventre de la machine ! et qui crient leur joie de travailler en équipe !).

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         Ensuite, je me recouche, je repousse les jambes de ma femme qui prennent toute la place dès que j’ai le dos tourné, et j’écoute le murmure tellement vivant de la ville qui dort (enfin, qui dort soi-disant...) ! 

         Encore deux heures. Et voilà le petit matin ! ...

         ... et 2

 

         ... Il y a d’abord quelques voitures qui roulent à toute vitesse, sachant qu’il n’y aura pas de contrôle radar si tôt, ou bien les voitures qui filent et brûlent du bitume, comme d’autres grillent leurs premiers neurones, parce qu’ils sont déjà en retard. Il y a les livreurs et les camions remplis de légumes qui se rendent au marché. Il y a les premiers promeneurs et les aboiements de chiens. Je me retourne et je savoure ces instants ou la vie trépidante de la ville va bientôt prendre le dessus. C’est une onde sonore qui se répand lentement. Un gigantesque être vivant, multiple, infini, qui s’étire. Les bus et les trams font leur office ; ils déversent les travailleurs de la ville sur les trottoirs. 

         Les odeurs changent. Je ne sens pas le café ou le bon pain, comme dans les petits villages de campagne, non, je sens le diesel, la super et les gaz d’échappements. J’entends le voisin du dessus qui tombe de son lit et le voisin du dessous qui allume la radio.

         Je tends le bras et je prends sur la table de chevet mes plaquettes de médicaments. Le rituel du lever peut commencer. J’avale, avec un peu d’eau, un « Tritacé » pour la tension, un « Fénogal » pour le cholestérol, un « Cataflame » pour le mal de pieds et de genoux, un « Seroxat » (on ne sait jamais que ma dépression montre à nouveau le bout de son nez !), un « Supradyn » pour la forme, et je cale le tout avec un « Nexiam 40 mg » pour ne pas avoir le brûlant, ni les tripes qui jouent de la cornemuse. Voilà, je suis prêt, je peux me lever. 

         Je vais faire du café et pendant que le percolateur le fait à ma place, je vais sur le balcon fumer quelques cigarettes. J’aime l’odeur du tabac au petit matin.

         Les premiers klaxons font leur apparition. Au moins, les gens communiquent ! 

         Je suis bien content d’être revenu à la ville.

         La campagne me foutait un de ces bourdons, tant le silence était assourdissant.

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        Patrick Ringal 

   cequejevois@hotmail.com

  

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