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29/09/2007

Belgique banquise

 

     Brutus et Rufus sont deux pécheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up ».Ce mot vient de Pin (punaise) et Up (en haut). Donc, des photos punaisées généralement au-dessus du frigo...

 

 

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         - Oups, la Belgique est en train de fondre comme la banquise ! Tu ne trouves pas Rufus ? 

         - Je dirais qu’elle ne flotte déjà presque plus.

         - Tu as vu la femme du calendrier aujourd’hui ? 

         - Elle est belle comme une bière d’abbaye !

         - Elle n’est pas flamande. 

         - Pas Bruxelloise non plus !

         - Non, elle est Américaine. 

         - Voilà un pays qui a réussi à fédérer tous ses états et à s’entraider.

         - Ouais, mais après une sacrée guerre civile ! 

         - Juste ! Et puis tu sais qu’il y a encore des états où on déteste les noirs !

         - Je sais. Je n’aime pas le racisme. 

         - Mais qu’est-ce qui a déclenché tout ça ? On était peinard et puis d’un seul coup les grandes marées sont arrivées. Moi je ne les ai pas vu venir. Peut-être qu’on doit aussi en passer par une guerre civile... ? Ca nous fera grandir.

         - Pourquoi les flamands nous détestent tellement ? Ils ont peur de quoi ? Je te le demande... 

         - Ils ont peur du français.

         - Notre langue donne mal de tête aux flamands. Elle n’est pas assez rugueuse. Elle vient du latin ... 

         - Tu en sais des choses ...

         - ... et elle a une longue histoire. Ce n’est pas comme eux. Le flamand vient de nulle part. Il est arrivé un jour par bateau, un marin a posé le pied sur le sol et a craché et c’était le premier mot flamand... ! 

         - Le premier mot flamingant tu veux dire !

         - Oui c’est vrai, parce que le flamand c’est beau, le hollandais aussi d’ailleurs. 

         - Le japonais aussi, et le russe.

         - Toutes les langues sont belles ! 

         - Ce qui n’est pas beau, c’est un flamingant qui pisse sur le drapeau de la Belgique.

         - Et ben, il a intérêt à beaucoup boire, parce que des drapeaux belges y en a un peu partout ! 

         - C’est joli, ça décore nos villes.

         - Kim Gevaert a écrit qu’elle était pour la Belgique, et depuis elle reçoit des mots d’insultes, des textes racistes, ... 

         - Du crachat de flamingant !

         - Ah ben oui, une flamande douée, belle, talentueuse qui est pour la Belgique ça les rend un peu plus orphelins. 

         - Ca les fait dériver vers le large, comme un iceberg. La Flandre iceberg !

         (Brutus éclate de rire, bascule en arrière et renverse sa bouteille de bière) 

         - Ah zut !

         - Oups, t’as une touche !

 

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          Patrick Ringal

 

  cequejevois@hotmail.com

 

 

27/09/2007

Placide (deuxième jour)

 

 

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        Je n’ai aucune envie de me lever ce matin. Je n’ai même pas envie de penser. Ma fiancée est partie travailler et mon fils est à l’école. J’ai encore la nausée de tout le café bu hier ! C’est que ça déménage dans le tourbillon de mes intestins. Et puis, bonjour les dégâts pendant la nuit... J’ai eu tout le loisir de compter et recompter les plis que faisaient les draps ! 

         Je dois chanter.

         Allez ! Un petit effort Placide ! 

         Je me rends alors compte que je commence mon deuxième jour sans alcool ! Déjà un jour de passé ! Finalement, ça n’a pas été plus difficile que de marcher pendant cinquante kilomètres dans un paysage aride avec un gros sac sur le dos (un gros sac rempli de cannettes de bières) !

         Déjà le deuxième jour ! Donc, ce soir je peux fêter ça ! Non ? Ca ne m’est pas arrivé depuis trente ans ! 

         Non, Placide, plus un verre !

         Bon... Putain... Re-cinquante kilomètres ! 

         Neuf heures et puis dix heures passent sans que rien ne se passe.

         A onze heures je décide de déchiffrer le Bach. Je me mets au piano et je commence. Les notes prennent la forme (comme dans Tintin) de bouteille de vin.

          Je tremble aussi. Mais bon, il paraît que c’est normal. Dans deux ou trois cents kilomètres il n’en paraîtra plus rien. Tu parles ! En attendant, je me cramponne le ventre. Comment tu veux chanter dans ces conditions !

         Je me lève et je commence à faire ma technique. La voix est encore plus dure. J’ai un peu trop forcé hier. C’est un muscle Placide, il faut le ménager, il faut y aller en douceur. Alors, je fais. 

         Tout doux. Un petit ronron de matou.

         Le moral renvient lentement. Je m’éclaircis les idées. La respiration me fait du bien. Je me tiens bien droit (ce que je n’ai plus fait depuis des mois, prostré que j’étais sur mon pauvre sort...). 

         Le Bach finit par entrer. La ligne mélodique coule déjà mieux. Au bout de deux heures, je suis heureux, tellement heureux que j’ai envie de boire !

         Oui, boire ! Comment être heureux sans boire ?

         Je vais me recoucher et je tire les draps au-dessus de ma tête. Je ne veux plus rien savoir.

 

 

 

 

          Patrick Ringal

 

  cequejevois@hotmail.com

 

 

26/09/2007

Tintin et Ait Oud

  

 

 

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       Le 26 septembre 1947 le premier numéro du journal Tintin était dans les kiosques belges, seulement belges, parce que la France attendra deux ans avant de l’avoir... Encore une fois, un peu en retard la France. (En Belgique en ce moment, c'est pas mal non plus, hein !) 

         Si Tintin avait été en face d’Ait Oud chez le juge, il n’aurait pas fait grand chose ... peut-être la morale. Si par contre Ait Oud avait été en face de Bob Morane, ou du capitaine Haddock, ou Bill Ballantine, il aurait reçu un bon coup de pied dans les couilles ! Histoire de sentir ce que ça fait quand on fait du mal !

         Et voilà, un jet privé s’est écrasé en Colombie et on a découvert 15 tonnes de coke à son bord. Je l’avais dit, il ne faut jamais sniffer avant de prendre le manche. 

         Le boucher et ses trois fils libérés ! Un p’tit massacre au hachoir, quelques jours de préventive et par ici la porte ! C’est qu’on les avait provoqués, alors fallait bien se défendre et défendre l’honneur de la famille. Pourquoi pas... ? Moi, la prochaine fois qu’on me taquine, je sors mon couteau de cuisine. Aux Etats-Unis, j’aurais sorti mon Beretta !

         Placide est allé dormir. Il reviendra demain.

 

 

 

 

         Patrick Ringal

 

  cequejevois@hotmail.com