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27/04/2008

Là-haut sur la montagne

                                           J’ai donc été en Suisse ...

 

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         ... Et donc je suis arrivé à 2500 mètres d’altitude (pour être précis : 2448 mètres) vers 19 heures. J’ai garé ma voiture à l’entrée du village et j’ai terminé la montée à pied. Essoufflé. Plus d’oxygène ! Et moi qui venais ici justement pour en prendre de l’oxygène ! 

         Salut ! Je suis content de te revoir ! Moi aussi ! Dis, ça fait combien d’année ? Oooh, bien plus que ça !

         Embrassade. Mettre mon sac dans la chambre d’ami. 

         C’est moi qui invite ce soir, pour mon plaisir et te remercier de m’accueillir ces quelques jours... Non, c’est moi ! Non, je te dis ! D’accord.

         Nous avons été au restaurant « Le clan du Fendant ». L’ambiance y était chaleureuse. Nous avons mangé une énorme fondue et bu du vin blanc. Quelques bouteilles à deux.. Les retrouvailles se fêtent ! 

         Facture ? Oui, je paye en liquide. Bien monsieur. Je soulève la note pour la rapprocher de mes yeux. Je l’éloigne. Je n’ai pas bien lu ! C’est une blague ! Je relis. Pas de doute, je dois payer 80 francs suisse ! (Et zut ! Moi qui avais emporté 100 francs, me disant que pour trois jours ça suffirait...)

         Je paye mais là je manque franchement d’oxygène ! 

         J’ai mal dormi ; me retournant dans mon lit, essayant de trouver ma place au milieu de la file qui attendait devant le guichet des surendettements !

         Le lendemain fut paisible. Mon copain est allé travailler et moi je me suis baladé dans la montagne, enfin je veux dire dans la neige, enfin je veux dire en arctique. 

         Je n’aime plus la Suisse !

         Je me suis perdu. Un éleveur de brunes à cloches m’a indiqué le chemin. Et il a fallut que je m’arrête dans la taverne du village : Le bon repos. Tu parles ! Ca chantait du yodle et ça puait la cuisse de Germonde !

         Suite ...

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           Patrick Ringal

 

    cequejevois@hotmail.com

 

10/04/2008

Brutus et la flamme

  Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

 

 

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         - Tu comprends quelque chose toi à la flamme ? 

         - Comment ?

         - Elle fulmine non ? 

         - Mais quelle flamme ?

         - Ben, la flamme aux cinq menottes.

         - Explique-toi.

         - La flamme des jeux, la flamme de l’olympe, la flamme Chinoise. 

         - Ah ! Mais Brutus, ce n’est pas la flamme des Chinois !

         - C’est la flamme de qui alors ? 

         - C’est la flamme du monde, la flamme des sportifs, la flamme des athlètes. Un symbole.

         - Le symbole des hommes de la terre libre ? 

         - Je ne connais pas la réponse.

         - Les sportifs savent que la Chine interdit la liberté. 

         - Oui Brutus, les sportifs le savent, mais ils préfèrent participer aux jeux, et voir leurs exploits diffusés sur toutes les chaînes du monde plutôt que de penser aux hommes et femmes qui vont se retrouver dans les prisons, ou les bidonvilles très loin de Pékin.

         - Ce n’est pas juste ! 

         - Je sais, mais ils se sont entrainés durement pendant des mois, alors Tibet ou pas Tibet, ils veulent montrer qu’ils ont bien travaillé. Ils veulent gagner des médailles.

         - Des médailles qui ne seront pas très belles sur les cheminées. 

         - Des médailles de plomb. A ce propos, tu as assez plombé ton flotteur ?

         - Non, tu as raison, il penche. Je vais plomber ma ligne avec des médailles ! Pourquoi la flamme fulmine ? 

         - Ce n’est pas elle qui fulmine, ce sont les Chinois.

         - Ah ! Et pourquoi ils sont fâchés Rufus ? 

         - Je crois que c’est parce qu’ils croient, enfin je crois, ils croient qu’on ne respecte pas leur pays, ni les tortures qu’ils infligent, ni l’absence de droit de l’homme, et aussi que le Tibet, merde quoi, ce n’est qu’une petite communauté qui ne mérite pas qu’on s’y intéresse, alors qu’eux organisent les jeux olympiques !

         - C’est quand les jeux ? 

         - Enfin Brutus, c’est en, heu..., en août je crois.

         - Tu imagines que la femme du calendrier porte la flamme ! Je crois que personne ne voudrait empêcher qu’elle traverse les villes ! Dis, je pense à une chose ? Ce serait bien que la pêche devienne un sport olympique ! Non ? 

         - Génial ! Attention ! T’as une touche !

         - Oups !

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            Patrick Ringal

 

    cequejevois@hotmail.com

 

 

08/04/2008

La tour de King

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         Une vague connaissance (chauve mais parlant très bien le français) me demandait hier soir pourquoi j’aimais tant Stephen King ? 

         Je lui ai répondu que j’aimais tant cet auteur, tout comme j’aimais tant John Irving, Michael Connelly, James Elroy, William Boyd, et bien d’autres ...

         Mais vous ne lisez jamais de roman français ? 

         Non. (Je buvais du café alors que cette vague connaissance en était à son troisième verre de Gin soda, d’ailleurs il n’avait plus vraiment envie de parler, il avait envie de provoquer – ce qui arrive souvent avec les imbibés de l’emmerde !)

         Pourtant, il y a de très bons auteurs Français. 

         Je sais. Il y a aussi de très bons auteurs Russes et Japonais, et aussi Sénégalais ! Mais je ne lis jamais d’auteurs Français... Ni ne regarde de séries françaises.

         Et puis-je vous demander pourquoi ? 

         Les séries françaises sont de pâles copies. Les américains innovent. Voyez « Les experts », « Lost », « New York section quelque chose... », « Bones », « NCIS », et vous verrez que l’art de la série est devenu le huitième art ; alors que si vous regardez « Julie Lescaut », « Navarro l’indien », « La naine qui fait des miracles », « Maigret », vous comprendrez que nous nous trouvons en face d’un vieux système qui n’a pas réussi à prendre le train à temps. Tout est mal filmé, mal raconté, sonne faux. Nous avons en face de nous l’art des tranchées de l’audiovisuel. Pour les romans, je préfère la littérature anglo-saxonne. Elle foisonne. Elle digresse, cette tigresse. Elle est moins conservatrice. Mais ça n’engage que moi. King, Connelly, Boyd, ont décidé, à ma place, de me plonger dans leur bain ! Quand vous lisez un roman américain vous en lisez deux...

         Comprend pas ! 

         (Pas étonnant. Il venait de commander son quatrième verre.)

         Et bien, ai-je dit en me reculant pour fuir son haleine de hareng, vous avez le roman et sa traduction. Un style qui en traduit un autre. 

         Mais King ne fait pas de la littérature ! Il écrit de l’horreur !

         Oui, vieux débat. Moi je vous dis, Stephen King est un génie. 

         Mais vous n’avez même pas terminé « La tour sombre » !

         Que non ! Grand dieu ! 

         Mais... La finir pourquoi temps pas encore... ?

         (Et voilà, le verre de trop qui lui foutait l’alphabet cul par dessus tête !) 

         J’ai déjà lu 3000 pages et il m’en reste 2000. Je ne veux pas terminer ce roman trop vite. Je le goûte. Je mesure que je suis en face d’une œuvre majeure. Je ne veux pas connaître la fin avant d’être prêt à la connaître. Vous comprenez ?

         ... 

         C’est comme une cave à vin. Je sais qu’il me reste 12 bouteilles de Mouton Rothschild et je n’ai pas l’intention de me les enfiler en quelques soirées. Après, il n’y en aura plus. Et bien, c’est exactement la même chose avec « La tour sombre ». Quand je l’aurai terminé, il n’y aura plus jamais de mystère autour de ce roman.

         (Cette vague connaissance dodelinait de la tête. Je lui ai posé un cinquième verre en face de lui et je suis parti. Cette vague connaissance aura terminé ses cinq tomes de Gin soda en moins d’une heure et moi il me restait des mois, voire des années pour terminer les trois tomes restants de la Tour de King. A chacun son rythme...)

 

 

 

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            Patrick Ringal

    Cequejevois@hotmail.com