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15/10/2009

Une partie de jambes

 

bal_hambu

 

 

 

      Les gens courent autour du lac. C'est un spectacle saisissant. Certains courent jusqu'à se casser les os, d'autres jusqu'à mouiller leur maillot et parfois même leur entrejambe. Ils courent pour perdre du poids après un repas trop chargé. On dit toujours que c'est bon pour le coeur, mais je crois qu'on cavale surtout pour garder la ligne. Le poids est plus important que tout aujourd'hui. On voit tout de suite les kilos en plus, alors que le coeur, il faut parfois toute une vie pour le découvrir.

Le lac est un bel endroit pour ce genre de pratique. Il y fait frais. On a l'impression de respirer le bon air, celui qu'il faut, l'air du renouveau, l'air qui purifie les organes. L'air qui fait croire qu'on pourra vivre deux fois plus longtemps. En réalité, on galope au milieu des voitures et sans doute qu'on abrège le tout. Bah... Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour perdre du poids. Je suis admiratif devant ces sportifs amateurs. Je leur tire bien bas ma casquette.

Moi, pour dire toute la vérité, je suis incapable de courir, surtout en rond. Je préfère m'asseoir sur un banc avec une bonne clope au coin des lèvres, un bon magazine, une petite collation et les regarder se démener avec leurs tours.

Je ne m'ennuie jamais et jamais je n'arrive à terminer un article. J'aime en repérer deux ou trois et suivre leurs évolutions. Par exemple, il y a l'allemand (je le sais, parce qu'il postillonne des injures germaniques chaque fois qu'il passe devant moi). Il a des cheveux blonds fillasses et une peau blanche qui vire au rouge dès le premier passage. Il est de plus en plus rouge à chaque tour. Il passe par toute la gamme (que je vous épargnerais) des rouges, voire des bruns violets ! Je sais pourquoi il court. Il vient de rencontrer une jeune fille et il veut rester jeune, mais je crois que c'est trop tard pour lui. Il aura beau faire, on ne défait pas les outrages du temps.

Il y a l'étudiant rondouillard qui charge en écartant les jambes comme s'il avait les couilles qui jouent du flamenco. Il n'arrête pas de se gratter en courant. Dès fois, ça le fait zigzaguer...

Il y a un autre étudiant qui fait la course avec lui-même. On dirait qu'il se court après. Il a l'oeil rivé sur son chrono qu'il tient dans la main droite. Je crois qu'il va un jour se prendre un arbre. Ce sera bien fait pour lui ! Il m'énerve. Chaque fois qu'il passe devant moi, il me jette un regard qui en dit long sur mon oisiveté.

Il y a la jeune fille disproportionnée qui ne perdra jamais qu'une infime partie de ses proportions, mais je l'admire pour son courage. Ca doit être quelque chose de mouvoir une masse pareille... J'ai envie de crier : gare au « dix tonnes » à fond de culasses !

Et moi, je suis assis. Je ne fais rien. Je médite. Je me dis qu'on court déjà suffisamment comme ça du matin au soir.

Je n'aime pas courir. Rien que d'y penser, ça m'essouffle. Pourtant, je dois bien avouer que mon médecin m'a dit qu'un peu de sport ne me ferait VRAIMENT pas de tort...

Que la vie est compliquée ! Il faut toujours faire ce qu'on n'a pas envie de faire.obesite

 

            Patrick Ringal

 


 

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