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02/04/2008

Brutus et les poissons

        Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

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         - Tu es en retard Brutus !

         - Je sais, mais je ne retrouve plus mon horloge biologique !

         - Tu as regardé dans la pharmacie ? 

         - Non, de toute façon je n’aime pas les médicaments. Ah, ce changement d’heure c’est quelque chose !

         - Moi j’adore quand on avance d’une heure, parce qu’alors il fait nuit plus tard et on peut pêcher une heure de plus. 

         - Moi aussi j’aime bien Rufus, mais je n’y comprends rien ! Comment ça se fait que si on avance les montres d’une heure on peut pêcher une heure de plus alors qu’on a perdu une heure ! Si on avance les montres, on vient de gagner une heure ? Non ?

         - Heu ... 

         - Regarde ; je suis ici, j’avance d’une heure, je suis plus loin, plus tard ... Alors pourquoi on dit que j’ai perdu une heure... ?

         - Bref ! 

         - Ouais, bref ! Tu t’imagines si on changeait d’heure le 1er avril !

         - C’est une blague ! 

         - Oui, ce serait une sacrée blague ! Les gens ne croiraient pas qu’on a changé d’heure ! Ils diraient : vous vous foutez de moi ! Avancer d’une heure ! C’est bien une blague belge ça ! Et pourquoi pas dans toute l’Europe tant qu’on y est ! Ben c’est que justement on change dans toute l’Europe, dans 27 pays !

         - Tant que ça ? 

         - Oui, tous en même temps, sauf évidemment si on le faisait le 1er avril ! Là ce serait le grand bataclan, le gros dégorgeoir aux sceptiques !

         - Tu en as de ces mots ce matin Brutus ! 

         - J’ai fait des mots fléchés avant de venir. Je n’aime pas le 1er avril. C’est le jour ou on se moque des poissons. Ils n’ont rien demandé et on va les accrocher dans le dos des gens ! Pauvres poissons ! Et si on ne pêchait pas aujourd’hui ? Tu sais, pour rendre hommage à nos amis, pour les soutenir, pour les aider à passer cette foutue journée !

         - Justement Brutus, je voulais t’en parler et je ne savais pas comment te le dire, mais j’ai décidé d’arrêter la pêche ! Je ne supporte plus de faire mal aux poissons ! 

         « Brutus se renversa en arrière et se mit à tousser, tousser comme un malheureux ; il se mit à happer l’air, happer comme un poisson qu’on jette sur le pont d’un chalutier. »

         - Oh là ! Brutus ! Reprends-toi ! C’était une blague ! Un poisson d’avril ! Allez, remets-toi ! 

         - Ne me refais plus jamais ça hein !

         - Promis. Regarde la femme du calendrier, ça te fera du bien ! 

         - Elle est belle ! Comme ma femme !

         - Oups ! T’as une touche ! 

         - C’est un poisson d’avril ?

         - Non, regarde, ton flotteur fout le camp !

 

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             Patrick Ringal

 

     cequejevois@hotmail.com

 

 

25/03/2008

L'effet papillon

     Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

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         Il y a donc un septième continent ! (Courrier international N°907) Tout de vrai ! Tout pour de vrai ! Un continent composé de déchets qui flottent dans le pacifique, quelque part à l’est de la mer de Chine. Des milliers et des milliers de tonnes d’ordures et de plastiques qui peuvent atteindre 30 mètres d’épaisseurs ! 

         Pour de vrai !

         Ce sont des déchets qui viennent de partout dans le monde et qui sont drainés vers cet endroit à faible énergie cinétique, alors ils s’accumulent. 

         Personne ne fait attention ; cette marée de bouteilles est en dehors des routes habituelles de navigation.

         Par exemple Brutus ; je pêche le long du canal à Charleroi, je bois mon litre de soda, je cherche autour de moi : pas de poubelle, oh et puis zut ! Hop, je jette à l’eau ma bouteille en plastique... Et bien, dans quelques années, elle risque de se retrouver au septième continent. 

         Non de non ! Arrête !

         Si, si, je t’assure ! 

         Comment ma bouteille va aller jusque là-bas ? Moi aussi j’aimerais aller dans le pacifique... Pêcher le gros !

         C’est l’effet papillon mon vieux. Tu jettes ici une bouteille et pan ! elle va former un nouveau continent à des milliers de kilomètres ! 

         Ben alors ! L’effet papillon... Bien, bien... Ben alors !

         Comme tu dis... 

         Bon, imaginons (avec ou sans ton effet), si je jette un billet, il va aussi se promener le long des fleuves et dans les mers et aller former une banque quelque part ? Et ben tiens, si je jette mon flotteur, il va dériver et aller former un magasin de pêche en Patagonie ?

         Je sais, c’est difficile à croire mais c’est comme-ça. Je ne peux pas t’en dire plus. Les hommes ne se rendent pas compte que ce qu’ils font ici peut foutre le bordel là-bas ! 

         Ouais... Ouais... Et si je jette un calendrier, tu crois qu’on pourrait trouver quelque part un parc à Pinup !

         Attention, t’as une touche !

         Oups !

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            Patrick Ringal

 

 

    cequejevois@hotmail.com

 

 

24/12/2007

Brutus fait les courses

         Brutus et Rufus sont deux pêcheurs à la ligne. Ils aiment discuter à longueur de journée des petits riens de la vie... Ils collectionnent les calendriers de « Pin-up » et entre deux coups, pensent au monde qui tourne parfois dans le mauvais sens

 

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         - J’ai apporté cette photo de la femme de décembre... 

         - Tu es sûr que c’est décembre ?

         - Oui, oui, mais en Californie. 

         - Ils ont de beaux Noëls là-bas ! Tu crois qu’ils mettent des sapins ?

         - Non, je crois plutôt qu’ils mettent des palmiers... 

         - Tu as déjà été en Californie ?

         - Non, mais j’ai été faire les courses samedi ! J’étais de corvée, comme je te l’avais dit... 

         - Ah ! Et comment c’était ?

         - Comme tout le monde. C’était que j’étais comme tous ceux qui faisaient comme moi. Je n’étais plus. Il n’y avait plus de Brutus mais un maillon de la file. En fait, je n’ai pas fait des courses pour Noël, j’ai fait des files pour ce foutu réveillon ! Je ne sais même pas ce qu’on a acheté ! C’était ma femme qui décidait et moi je portais. 

         - Moi, j’ai dit à ma femme : je veux bien venir avec toi, mais je ne fais pas les files, compris !

         - C’est ce que j’aurais dû faire ! 

         - Faut pas exagérer tout de même ! C’est une règle ; je vais au café dans la galerie pendant qu’elle fait la file. Quand elle arrive à la caisse, elle me fait un appel en absence et je la rejoins. Bon, elle râle un peu, mais ça passe vite. Après toutes ces années de mariage, on se connaît.

         - Je faisais donc la file (il y avait bien encore cinquante mètres avant d’arriver aux caisses) et ma femme rapportait les cadeaux qu’elle empilait dans le chariot. Elle a la technique ! 

         - Pas mal !

         - Bon Dieu ! Tout ce qu’elle a ramené ! Des assiettes, des billets de Lotto, des ballons, des jouets pour les petits et un pour moi tout de même... 

         - Pour toi !

         - Oui Rufus, j’ai toujours aimé recevoir un jouet à Noël, n’importe lequel, pour autant qu’il ne serve à rien et qu’il me fasse oublier, misère, que je risque de recevoir une cravate de ma belle-soeur... 

         - C’est une bonne idée. Ca met de la couleur.

         - Oui, un jouet est toujours coloré ! 

         - Comme le vin ou la bière !

         - Oui da ! Allez, santé ! 

         ( Brutus et Rufus s’envoient par-dessus le collet une bonne goulée mousseuse de Jupiler.)

         - Qu’est-ce que tu vas recevoir comme jouet ? 

         - Je ne sais pas, c’est une surprise. J’espère que ce sera un chapeau de cow-boy ou une tente d’indien !

         - Oh oui, comme dans notre enfance ! 

         - A un moment, alors que ma femme revenait charger le chariot pour la douzième fois, une femme derrière-moi à dit : dites donc ! C’est pas du jeu ça ! Si, que j’ai répondu, ce sont des jeux ! Et si tout le monde faisait comme vous, qu’elle a continué, vous vous rendez compte, malotru ! Alors je lui ai répondu : vous voulez passer devant moi ?

         - Vraiment ? dit Rufus. 

         - Oui. Elle en est restée bouche bée !

         - La gentillesse ça désarme. Elle est passée devant toi ? 

         - Non. Elle a détourné la tête en rougissant.

         - La gentillesse met des couleurs partout. 

         - Ma femme est revenue peu après. Elle avait un air triomphant. Regarde ce que j’ai trouvé ! Elle tenait fièrement dans sa main un calendrier de pin-up ! Un que je n’avais pas encore, avec une femme en robe bleue en première page.

         - Magnifique ! 

         - Je l’ai embrassé. Ma femme a dit : arrête grand sot ! Je l’ai encore plus embrassé. La femme derrière nous à sourit. Comme quoi, il suffit qu’on vous fasse un petit plaisir et les files d’attentes prennent les couleurs du printemps !

         - Attention, t’as une touche !

         - Oups !

 

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           Patrick Ringal

 

   cequejevois@hotmail.com