Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

02/05/2007

Café

454d78620f3639fe69aaac7bfd237582.jpg 

         Que je vous dise, ce matin il n’y avait plus de café ! Je ne rêvais pas, plus un grain, un samedi matin, six heures, et monsieur le curé qui n’allait pas tarder à descendre ! Peut-être derrière ce pot … ? Non ! 

         Mon dieu, comment ai-je pu oublier d’en acheter ! Et à Amboise sur Alèthe, même les fervents adorateurs de notre Seigneur ne pourront pas en trouver, un samedi, à six heures, alors moi !

         Ah mais ça me revient ; je voulais trouver du commerce équitable. C’est monsieur le curé qui voulait que j’achète un café issu du commerce équitable, parce que, disait-il, ça ne servait à rien de répandre la bonne parole et de se tourner vers les plus démunis et dans le même temps boire des litres de café qui ne profitent qu’aux grandes industries. (Quand il se met à parler politique, monsieur le curé devient très vite tout rouge.) 

         Seulement voilà, il n’y en avait plus du commerce équitable, et je n’ai pas osé prendre son café habituel.

         C’est que monsieur le curé aime le café. C’est son breuvage préféré (avec le vin, mais lui il est divin). Il lui faut son thermos avant de se rendre dans les trois églises dont il a la charge. 

         Après tout, ce n’est pas de ma faute, hein, c’est lui qui voulait !

         Tout de même, le pauvre, il n’aura pas les idées très claires, et Dieu aura beau sonner les cloches, monsieur le curé ne sera que l’ombre de lui-même. D’ici à ce qu’il se prenne les pieds dans sa soutane … 

         Bon, Gisèle (comme Ste Gisèle, morte en 1060) il faut que tu lui trouves du café, et tant pis si ce n’est pas du Camerounais ou de l’Ougandais ! Je suis certaine qu’il me pardonnera.

         Chez Solange (comme Ste Solange, morte en 880). C’est ma sœur, et bien oui vous savez, ma sœur lesbienne qui donne la nausée à Mg Léonard. (Rat d’hiver) 

         Que je te coure dans les rues d’Amboise sur Alèthe ! Que je sonne chez Solange. Elle vient ouvrir :

         - Non mais t’as vu l’heure ! 

         - Je t’expliquerai ! (C’est qu’elle a une de ces têtes ! Le petit matin ne lui va pas comme un gant.)

         Elle me donne du café, du plein pot pas équitable du tout ! 

         Retour chez monsieur le curé. Essoufflée. Vite le faire passer par le filtre, eau bouillante, pas trop tout de même.

         Il descend. Son pas est lourd et encore endormi.  Monsieur le curé entre dans la cuisine : 

         - Comme ça sent bon ! Merci Gisèle ! Alors, vous m’avez trouvé un café équitable ? Et de quelle région ?

         - Heu, monsieur le curé, … , de la région de Huehuetenango, dans le nord du Guatemala, proche de la frontière mexicaine. 

         Ma foi, un petit mensonge ne peut pas faire de mal, surtout que monsieur le curé est parti tout guilleret répandre sa joie de vivre de par un monde plus équitable.

a830480b507ba2d1759158f2556593e5.jpg 8be13b407e3bcb6e09c3bcaa23cb8748.jpg

         Patrick Ringal

   cequejevois@hotmail.com

26/04/2007

Au top de moi-même

293b4d3cd0211039300d0fd1c307f7aa.jpg 

          Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais hier soir je n’arrivais pas à dormir, alors je suis redescendue au salon. Monsieur le curé, lui, dormait. On peut dire qu’il a la conscience tranquille monsieur le curé, même s’il cache des choses dans ses tiroirs. Je l'entendais ronfler et discuter avec je ne sais qui (j’ai tout de même pris la peine de refermer les portes avec douceur). Enfin, quand je dis que je n'arrivais pas à dormir, c’était plutôt que je rêvais avec furie et je n'aime pas rêver parce que très souvent ces rêves me rendent toute chose (alors qu'à Amboise sur Alèthe il faut marcher droit). J'ai allumé la télévision et je suis tombée sur "Confessions intimes". 

          Ce n'est pas que je sois bégueule, mais je n'aime pas ce genre d'émission. Et là, je me suis fait avoir (et à Amboise sur Alèthe il faut se lever tôt pour se faire avoir par la vie)…

          Un homme s'occupait de sa voiture sous le regard admiratif d’un voisin. Il faisait ce qu'il appelait du tuning. Et je te frotte par-ci, et je te toilette les chromes par-là, et je câline les jantes, j’étreins le pare-chocs, et encore un petit coup sur les rétroviseurs, et maintenant je vais au magasin de voitures acheter de nouvelles enceintes (des 150 watts). Sa femme de le suivre, claudiquant sur des talons, sans pester mais un peu râleuse tout de même, tenant le bébé dans les bras, et disant que c'était un peu trop cher, qu'il fallait rembourser l'emprunt, patati, patata ! Lui ne comprenait pas ! Il n'était pas né celui ou celle qui l'empêcherait de choyer sa berline et de la rendre plus belle au bal des tuneurs … Il disait que sa beauté était au top d’elle-même. 

          Mon dieu comme il s'en occupait ! Et comme j'aurais aimé qu'un homme fasse ça pour moi !

          Ce qui me chagrinait, c’était que là, au beau milieu de la nuit, je n’avais personne à qui en parler. 

          Je me suis servie un chocolat chaud (il paraît que ça vous montre le chemin de votre lit et j’en avais bien besoin) et j’ai regardé le deuxième reportage.

          Une jeune femme se tamponnait le visage devant son miroir. En réalité, elle se maquillait, mais je ne l’ai pas compris tout de suite, tellement elle en mettait du temps ! (Moi, à part me brosser les cheveux et les dents …) Elle s’admirait, Mon Dieu comme elle s’admirait ! Elle se trouvait belle.

        Elle se le répétait. Pendant que son mari donnait le biberon à un enfant tout juste sorti du sommeil. Elle regardait ses dents, qu’elle avait chevalines, et disait que toutes les miss France et Belgique (surtout les miss belges) aillent jouer du popotin au Maghreb. (Je ne sais pas du tout pourquoi elle parlait du Maghreb … Encore une envieuse qui votera Sarkozy.) 

         Ils sont allés se promener et la bécasse (pardon Mon Dieu !) critiquait toutes les femmes qu’elle croisait, tout en disant d’un ton angélique : « Tu vois, là, je suis au top de moi-même ! J’aime que les autres femmes me regardent. »  Elle n’écoutait pas son mari qui essayait de lui dire que si on la regardait comme-ça, c’était parce qu’elle portait une mini-jupe. Et quand je dis mini, c’était même du minimal, c’était de l’infime, de la grandeur de mon mouchoir ; bref, une jupe micro !

         Ce qui me chagrinait au beau milieu de la nuit, c’était qu’on donnait plus de temps de parole à cette gauloise stupide (Mon Dieu, pardon) qu’à José Bové …

 

 

             Patrick Ringal

 

     cequejevois@hotmail.com

 

 

 

24/04/2007

Rat d'hiver

0c189c473927ea0d1220b68b1242e7f2.jpg

         Evidemment qu’on va en parler ! Toutes les dames du village d’Amboise sur Alèthe sont venues me trouver il y a quelques jours, toutes contentes, toutes protégées, toutes soulagées qu’enfin on exprime à leur place ce qu’elles pensent derrière leur chapelet. Ce Mgr léonard, un bel homme, et qui présente bien, une belle gueule de sage.., et qui connaît bien Freud (celui qui faisait tout couché) et aussi Benoît XVI, ce Rat d’hiver qui habite le Vatican. Je dis ce que je pense. C’est vrai, c’est même un rat albinos, tout vêtu de blanc, avec les yeux qui fouillent de gauche à droite, qui observent et surveillent si le mal ne progresse pas. Il a oublié que son dieu, normalement, le fait pour lui. Ce Rat d’hiver qui ne connaît rien des choses de la terre, mais qui croit connaître le monde. Le monde et la terre c’est pas la même chose. Le monde c’est dans la tête, alors que la terre on est bien dessus et on ne pourra pas aller vers un autre monde.         

         Je suis la dame de compagnie du curé d’Amboise sur Alèthe, oh non, pas parce que je suis amoureuse de lui, il est trop vieux, mais parce que je suis trop laide pour me trouver un homme à moi. Alors, c’est une vie comme une autre. Je m’occupe de ses affaires et de quelques uns de ses papiers, (pas tous, parce qu’il a des choses à cacher). J’ai une petite chambre. J’ai le couvert. Je reçois un peu d’argent et ma foi, je suis bien contente comme ça. J’aurais rêvé d’une autre vie, mais c’était il y a bien longtemps.         

        J’ai une sœur qui est anormale, selon Mgr Léonard. Elle est lesbienne. Mais moi je trouve qu’elle est normale. Elle est même très heureuse, plus heureuse que toutes les dames du village. Faut la voir quand elle s’habille de couleur pour aller danser à la gay pride ! Ce qu’elle rayonne ! Il faudrait que Mgr Léonard vienne l’embrasser. Il verrait que ça ne fait pas de mal. Le Rat d’hiver et Monseigneur baisent bien les pieds du Christ ! Mgr Léonard aura même peut-être envie de danser, parce que ma sœur, c’est la vie ; danser plutôt que d’applaudir bêtement devant sa télé quand le rat d’hiver est apparu au balcon il y a deux ans.         

        Deux ans ! et nous voilà vingt siècles en arrière.         

        Enfin, je vous en reparlerai sûrement. Ca m’a toute retournée d’entendre des choses qui ne sont plus de ce monde. Surtout quand ça rassure les dames du village, mais elles, elles ne savent même pas où c’est que ça se met un préservatif …

7d0375b0f45663adb6c5e899d8cad467.jpg

   

            Patrick Ringal

     cequejevois@hotmail.com