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20/10/2009

Une simple grippe

 

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Alors, qui c'est qui va me dire de quoi il faut se méfier cet hiver ? Je ne sais plus qui croire. Je ne me sens pas très bien. Je crois que j'ai pris froid ce dimanche en allant marcher dans les bois avec maman. Il faisait cru et humide et je n'avais pas mis d'écharpe. D'habitude, je m'en fous comme c'est pas permis. Je me fous de la maladie. Je suis jeune et la maladie n'est qu'une épreuve dans les étapes de la vie. Tout le monde connaît la maladie un jour ou l'autre. Je veux dire, une petite maladie. Un rhume, un refroidissement, une angine, que sais-je... Rien de bien grave. De quoi rester au lit et se faire dorloter par maman. Quand je suis malade, je peux regarder la télé au lit, je peux manger dans mon lit, je peux me plaindre, maman est toujours là pour m'aider et m'apporter tout ce dont j'ai besoin. Je ne suis même plus obligé de prendre une douche car je pourrais aggraver le mal avec mes cheveux mouillés.

Mais depuis que la grippe est devenue célèbre, je crains pour ma vie. Il paraît que n'importe qui peut attraper le virus et en mourir. Je sais qu'on répète qu'il ne faut pas exagérer, mais alors dites-moi pourquoi on en parle tant ! Pourquoi on nous répète qu'il faut beaucoup se laver les mains, qu'il va y avoir une campagne de vaccination (regardez aux Etats-Unis, ils font la file devant les hôpitaux), que nous devons rester chez nous si les premiers signes apparaissent et patati et patata ! C'est quoi cette grippe A ! Elle est dangereuse ou pas ? Et moi qui ai mal partout, dans les poumons, dans les jambes, dans la tête, surtout dans la tête parce qu'elle se pose beaucoup de questions, tellement mal que je n'ai plus envie de rester au lit par crainte d'y être cloué pour toujours si je me laisse prendre par derrière. Ils font tout un ramdam parce que cinq ou six personnes sont mortes, mais bon dieu, qu'est-ce que ça cache ? Ce n'est rien cinq ou six personnes, non ? Y en a beaucoup plus qui meurent chaque jour d'autre chose...

Je voudrais juste, avant de me recoucher pour la nuit dans le lit de maman, je voudrais simplement savoir si je dois faire mes prières ou bien si je dois continuer à vivre comme je le faisais avant quand j'attrapais une bonne vieille, grosse et sympa, bien coulante et frissonnante grippe d'antan... !

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Le 20 octobre 2009 (peut-être pour la dernière fois...)

 

            Patrick Ringal

15/10/2009

Une partie de jambes

 

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      Les gens courent autour du lac. C'est un spectacle saisissant. Certains courent jusqu'à se casser les os, d'autres jusqu'à mouiller leur maillot et parfois même leur entrejambe. Ils courent pour perdre du poids après un repas trop chargé. On dit toujours que c'est bon pour le coeur, mais je crois qu'on cavale surtout pour garder la ligne. Le poids est plus important que tout aujourd'hui. On voit tout de suite les kilos en plus, alors que le coeur, il faut parfois toute une vie pour le découvrir.

Le lac est un bel endroit pour ce genre de pratique. Il y fait frais. On a l'impression de respirer le bon air, celui qu'il faut, l'air du renouveau, l'air qui purifie les organes. L'air qui fait croire qu'on pourra vivre deux fois plus longtemps. En réalité, on galope au milieu des voitures et sans doute qu'on abrège le tout. Bah... Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour perdre du poids. Je suis admiratif devant ces sportifs amateurs. Je leur tire bien bas ma casquette.

Moi, pour dire toute la vérité, je suis incapable de courir, surtout en rond. Je préfère m'asseoir sur un banc avec une bonne clope au coin des lèvres, un bon magazine, une petite collation et les regarder se démener avec leurs tours.

Je ne m'ennuie jamais et jamais je n'arrive à terminer un article. J'aime en repérer deux ou trois et suivre leurs évolutions. Par exemple, il y a l'allemand (je le sais, parce qu'il postillonne des injures germaniques chaque fois qu'il passe devant moi). Il a des cheveux blonds fillasses et une peau blanche qui vire au rouge dès le premier passage. Il est de plus en plus rouge à chaque tour. Il passe par toute la gamme (que je vous épargnerais) des rouges, voire des bruns violets ! Je sais pourquoi il court. Il vient de rencontrer une jeune fille et il veut rester jeune, mais je crois que c'est trop tard pour lui. Il aura beau faire, on ne défait pas les outrages du temps.

Il y a l'étudiant rondouillard qui charge en écartant les jambes comme s'il avait les couilles qui jouent du flamenco. Il n'arrête pas de se gratter en courant. Dès fois, ça le fait zigzaguer...

Il y a un autre étudiant qui fait la course avec lui-même. On dirait qu'il se court après. Il a l'oeil rivé sur son chrono qu'il tient dans la main droite. Je crois qu'il va un jour se prendre un arbre. Ce sera bien fait pour lui ! Il m'énerve. Chaque fois qu'il passe devant moi, il me jette un regard qui en dit long sur mon oisiveté.

Il y a la jeune fille disproportionnée qui ne perdra jamais qu'une infime partie de ses proportions, mais je l'admire pour son courage. Ca doit être quelque chose de mouvoir une masse pareille... J'ai envie de crier : gare au « dix tonnes » à fond de culasses !

Et moi, je suis assis. Je ne fais rien. Je médite. Je me dis qu'on court déjà suffisamment comme ça du matin au soir.

Je n'aime pas courir. Rien que d'y penser, ça m'essouffle. Pourtant, je dois bien avouer que mon médecin m'a dit qu'un peu de sport ne me ferait VRAIMENT pas de tort...

Que la vie est compliquée ! Il faut toujours faire ce qu'on n'a pas envie de faire.obesite

 

            Patrick Ringal

 


 

29/09/2009

Bonjour Mr le Directeur

 

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        Bonjour,

Je prends le temps, cher monsieur le directeur, de vous écrire, j'espère que vous prendrez le temps de me lire. Ce n'est pas facile pour moi de prendre la plume (c'est comme-ça qu'on dit, non ?) alors excusez du peu. Je suis doué pour parler, mais pas pour serfouir du papier.

Je me présente : je suis un homme de race blanche sans travail. Et si je suis sans travail c'est parce que ceux qui m'employaient m'ont viré. Ils en avaient le droit, mais ils l'ont fait vite et sans crier gare en me donnant ce qu'ils me devaient (pas grand-chose je vous prie de bien le croire) et ce qu'ils me devaient, j'ai été le boire. Maintenant, je n'ai plus de quoi vivre, alors monsieur le directeur de la Justice je vous demande de m'aider. Ceux qui m'ont viré ont appris que j'étais pédophile, enfin non, que j'avais été pédophile (quoi que pas prouvé) et ils n'aiment pas ça. Si je tiens le rebut qui m'a dénoncé, je ne vais pas le buter, vous comprenez bien que non, mais admettez monsieur le directeur que ce serait bien fait pour lui s'il perdait quelques plumes...

Monsieur le directeur de la Justice, je vous demande de m'aider en me blanchissant (comprenez que je suis déjà blanc, mais bon) de tout mon passé. J'ai lu dans les journaux qu'un réalisateur de nom de Roman Polanski avait violé une fille de treize ans il y a fort longtemps, mais que parce qu'il est un artiste connu (vous aviez déjà entendu son nom vous...?) c'est comme s'il n'avait rien fait. Effacé. Injuste, crie les autres artistes, tous étrangers d'ailleurs ! Alors, pourquoi pas moi monsieur le Juge ? Je suis aussi connu de par chez moi. Pourquoi ne pas effacer de vos tablettes toutes les petites filles qui sont passées sur mes genoux (quoi que pas prouvé, je vous le répète) ?

Ce n'est pas juste. Je n'ai pas fait de film mais j'ai fait du bon boulot comme gardien d'école. Je ne sais plus quoi faire. Je n'ai même pas réussi à garder mon travail, tout ça à cause de mon passé (pas prouvé)...

Aidez-moi monsieur le directeur de la Justice. Je suis un homme aussi bien que ce réalisateur. Je vous remercie de m'avoir lu et vous prie d'espérer ne pas connaître le même calvaire …

Recevez ce que vous devez recevoir dans ce genre de lettre... (Je ne sais pas ce qu'on met à la fin), mais dépêchez-vous de prendre une décision !

polanski

         

         Patrick Ringal