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01/11/2010

Ringalor (11) . . . et sa chemise

 

ringalor11a.jpg

 

 

            Youtube 

 

 

        Ringalor ne voulait pas revenir. Il disait que ça n’en valait pas la peine.

        « Qui peut s’intéresser à quelqu’un d’aussi simple, qui n’a pas grand-chose à dire – oui, les petites choses de tous les jours, mais tout le monde a des choses à raconter ; et comment je me lève, et comment je me couche, tout seul ou sur ma copine, et comment je me lave les dents et ensuite je vais m’emmerder au bureau, et comment je bois mon jus d’orange, et comment j’aime les orangs-outangs, enfin bref, tous les gens ont une vie qu’ils voudraient tourner vers les autres -, alors pourquoi moi ? Qui peut s’intéresser à un ancien alcoolique, puis de nouveau un alcoolique et maintenant, un nouvel ancien alcoolique. Je n’ai plus la tête à ça.

        J’ai essayé de le convaincre – oh, je n’y allais pas en force, non, en douceur, par la bande, en diplomate amateur, sans jamais le flatter ; Ringalor n’aime pas être pris pour Auguste.

        Pendant plus d’un an j’y ai été de mon couplet anodin : tu ne nous referais pas un p’tit . . . Non ! qu’il répondait sans attendre la fin de ma phrase. Je ne suis pas prêt.

        Dans ces temps passés, je le retrouvais toujours à la même terrasse de café occupé à boire n’importe quoi, pourvu que ce soit du rapide qui monte à la tête. Il avait peur de tout. Il avait rechuté après six mois et ça l’avait rendu inexistant.
        Quelquefois, je ne le voyais même pas à la terrasse et puis, là, dans un coin, sa tête gonflée avec ses boutons, ses mains rouges, émergeaient timidement quand il levait le coude pour terminer son poison, sa merde qui lui collait au cervelet.

        Pas moyen de le convaincre.

        J’avais gardé en réserve trois Ringalor, alors je le lui ai dit :

        - Ca te dérange si je mets quelques anciennes vidéos, maintenant que t’as de nouveau arrêté ?

        - Fais . . . qu’il a répondu.

        Je fais. On verra si ça lui redonne l’envie de continuer . . .

 

        Voici la première des trois anciennes :

 

 

            Youtube

 

 

            Patrick Ringal

 

 

29/10/2009

Ces gens qui ne sont pas à leur place

bancs_publics 

 

 

.. et qui se mêlent des oignons des autres, qui les emmêlent même, qui foutent le bordel. Quand ils partent enfin, c'est un noeud impossible à défaire, un noeud dans une bobine de fil de pêche je vous prie, y a pas pire !

Il y a toujours un de ces emmerdeur, un de ces crottins des villes qui vient me dire, alors que je suis en train de faire quelque chose (peu importe quoi), - à votre place, je ne ferai pas ça comme-ça !

Où que je porte le regard, je vois une de ces amibes, un de ces microbes qui germent comme par hasard et qui mutent en virus; le virus du « je-sais-que-vous-ne-savez-pas-mais-je-vais-vous-apprendre » !

Pas plus tard que cette après-midi, j'étais tranquillement installé sur un banc en train de lire un bon polar quand un individu sus-nommé est venu s'installer sur mon banc. Le même ! Juste à côté de moi. Il n'a d'abord rien dit, l'air de ne pas y toucher, l'air d'être arrivé là par hasard, puis il s'est raclé la gorge et à dit :

- Je vois que vous aimez la lecture …

- Hum …

- Je ne vous dérange pas ?

Je ne voulais pas être blessant, alors j'ai répondu que non, mais tout de même un petit peu, vous comprenez, j'ai envie de lire.

- Rassurez-vous, je ne reste que quelques minutes. Qu'est-ce que vous lisez ?

Je lui ai montré la couverture.

- Connais pas. Je vous conseille la lecture de blabla et de blabla. Ça c'est du livre ! Ça vous reste en tête pour toute une vie !

- Merci. Écoutez, j'aimerais terminer mon chapitre. Je dois rendre ce livre à la bibliothèque dans une heure (mensonge) et je n'ai plus beaucoup de temps.

- Vous ne trouvez pas que la vie est déjà assez noire comme-ça ? Vous savez que vous allez le regretter plus tard, quand vous aurez mon âge, parce que toutes ces histoires de meurtre vont rester en vous et votre vieillesse sera alors peuplée de sang et de cri !

- J'y penserai en louant mon prochain livre (re-mensonge), maintenant, est-ce que je peux terminer mon chapitre ?

- Faites, faites...

Il est resté sur le banc. Je lisais et je vous prie de croire que je faisais un de ces noeud avec les mots... Je ne comprenais plus rien à cette histoire. Pour un peu, j'allais commettre un égorgement, mais heureusement il s'est levé et est parti sans dire au revoir.

Je me suis dit qu'il valait encore mieux aller pêcher ; mais là aussi je suis certain qu'un avorton mal intentionné serait venu se pencher au-dessus de mon épaule en disant : vous utilisez quoi comme appât ? Moi, je vous conseille le blablabla... !

bibliotheque


  

        Ringalor (10) dévoile sa réserve (vidéo)

 

            Patrick Ringal

 

 

16/10/2009

Du poisson, pas des boissons !

 

marchepoissons

 

 

Aujourd'hui, nous sommes allés au marché ma femme et moi. Je portais les sacs et elle tenait le porte-monnaie. Elle me surveillait du coin de l'oeil. Je devais rester près d'elle et ne pas m'éloigner, disons, vers la buvette... C'était ainsi. Depuis quelques temps, j'avais un peu trop tendance à dépenser notre argent dans les cafés, alors je lui avais promis de faire un effort. Nous étions au marché pour acheter des produits frais. J'avais déjà repéré mes copains. Ils étaient en train de rire, de s'amuser, de blaguer, de festoyer avec du rosé. « Le bon p'tit rosé de chez José » Mais moi, je n'y avais pas droit. Ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Une promesse est une promesse. Ma femme me guettait.

Qu'est-ce que j'aurais fait sans elle ?

Un jour je me suis rendu compte que j'aimais plus ma femme que le rosé.

Mais pas le jour du marché. Oh que non ! Je donnais l'impression de suivre la reine comme un pion damné. Mes copains ont crié : Hé, viens avec nous ! Viens ! Y a un verre qui t'attend ! J'ai fait non de la tête, comme un misérable, vous savez, comme un enfant qui a été puni.

poissons

 

Nous nous sommes arrêtés devant le poissonnier et ma femme m'a demandé si je voulais du poisson pour diner. Heu..., des boissons oui, mais pas de poisson ! C'est vrai quoi ! On est vendredi, on ne va pas en plus manger du poisson. Chérie, c'est plus fort que moi, j'ai envie de boire un p'tit coup !

Tu m'avais promis !

Mais chérie, juste un ou deux...

Ma femme m'a fusillé de son doigt accusateur en disant : et avec quoi tu vas te payer tes rosés ? Il me reste juste de quoi acheter le poisson pour ce soir...

J'étais piégé, ferré, saboté et devant mes copains et le poissonnier !

Ooooh que je n'aimais pas ma femme les jours de marché ! Je lui ai tourné le dos et je suis allé vers la buvette, droit et fier comme toute la connerie masculine. Je savais que mes copains ne me laisseraient pas tomber, mais par contre, je ne savais pas où j'allais dormir ce soir …


Ringalor (9) … à la pêche (vidéo)