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20/12/2009

Les doutes de Ramsay (1)

 braquage

 

 

        Après le braquage de la banque Ramsay fut emmené dans une camionnette blanche. Un des truands lui banda les yeux avec une écharpe en laine en lui disant : si tu tentes quoi que ce soit on te bute !

        Ramsay frissonna et pensa que de toute façon ils allaient le tuer parce qu’il avait vu leurs visages. Mais ils ne pouvaient pas le faire ici, pas en pleine ville, il était préférable pour accomplir cette tâche de s’éloigner, d’aller dans un terrain vague, là où personne n’allait jamais et dieu sait si Millmerran en contenait des terrains vagues, à perte de vue.

        La camionnette démarra lentement. Ramsay fit discrètement jouer les muscles de son visage et sentit l’écharpe remonter vers ses cheveux. Il pouvait maintenant voir un peu de lumière. Encore quelques mouvements discrets et il pourrait se repérer.

        Un des braqueurs était assis sur le siège arrière près de Ramsay. Il vit qu’il tenait une arme posée sur ses genoux.

        Ramsay se dit qu’il devait tenter quelque chose. Il n’allait pas se laisser conduire à l’extérieur de la ville pour se faire abattre comme un vulgaire porc. Ramsay frissonna une nouvelle fois.

-      Qu’est-ce que vous allez faire de moi ? demanda-t-il.

-      On te relâchera si tu restes bien sage.

        Ramsay n’en croyait pas un mot. Il avait vu la détermination et la haine dans les yeux de ces hommes. Des chacals. Rien qui ne pouvait les émouvoir. De vrais paumés des environs de Millmerran. Une race que la police laissait pulluler par manque de moyens. Ils volaient et tuaient pour survivre, comme dans le Bush. Ramsay dit :

-      Ne me faites pas de mal. J’ai des enfants . . .

        Le truand lui fila un coup de coude dans les côtes.

-      Ta gueule !

        « Quand je pense que ce matin encore je m’étais promis d’accompagner Claire pour les achats de Noël. Pour la toute première fois en douze ans de mariage ! »

        Ramsay eut la nausée.

-      Hé ! T’avise pas de salir la moquette !

        Ramsay se recroquevilla contre la vitre de la camionnette. Il vit le visage de Claire et s’y accrocha comme à un souvenir qu’il lui faudrait bientôt cultiver assit à la droite de Saint-Pierre.

        Les truands ne parlaient pas.

 

 

            Patrick Ringal