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23/12/2009

Les doutes de Ramsay (2)

 

coffrefort 

 

 

       Ramsay glissa lentement la main droite vers la poignée de la porte. Il pria pour que la sécurité enfant ne soit pas enclenchée. Voilà. Il tenait maintenant la poignée. Ramsay ne bougea plus.

        Il hésitait. Le doute s’installa. Et si les braqueurs disaient vrai ? Et s’ils n’avaient pas l’intention de le tuer ? Après tout, c’était l’argent de la banque qui les intéressait. Le braquage n’avait pas fait de victimes. Tout s’était déroulé très rapidement, dès l’ouverture de la banque. Les coffres vidés en moins de deux. Personne appartenant au personnel de l’agence n’avait eu le temps d’appuyer sur le bouton de l’alarme.

        « On dégage, on dégage ! » « Grouillez-vous ! » « Nous faut un otage ! » « T’es fou ! » « Non, et si les flics nous collent le train, si un de ces trous de cul les avait prévenu j’sais pas comment et qu’ils nous attendent au tournant ! » « Ouais, t’as raison ! » « Qui est le directeur ? »

        Et Ramsay fut emmené.

        La camionnette fit une embardée. Ramsay fut projeté contre son voisin qui le rejeta à son tour contre la vitre. Il dut lâcher la poignée de la portière. Le conducteur dit : Merde ! Il a manqué nous crasher ! Fait gaffe, répondit l’homme assit à la droite du conducteur, ce n’est pas le moment de se prendre un poteau ! Ouais, dit le voisin de Ramsay, regarde devant toi ! On a un maximum de fric, de quoi se retirer pendant quelques mois, alors je ne veux pas les passer au fond d’une cellule.

        Les cambrioleurs ne faisaient plus attention à lui. Ramsay se saisit une nouvelle fois de la poignée. Il était prêt à sauter, mais le doute l’envahit une fois encore ; le doute et la peur. Il voulait retrouver Claire. Il avait envie de faire les achats de Noël avec elle. Ramsay voulait rentrer chez lui, comme si de rien n’était, et tondre la pelouse, même si on était en hiver. Promis ma chérie, nous irons au Milkbar et nous boirons du chocolat chaud.

        Il suffisait qu’il ouvre cette portière et se jette hors de la camionnette. Tant pis pour le mal qu’il aurait, au moins il serait vivant. Les truands n’auraient pas le temps de réagir. Ils auraient plus peur que lui. Ils ne pouvaient pas s’arrêter. Il fallait qu’ils fuient avec leur butin, celui de la banque de Ramsay ; sa banque à lui ! Seulement voilà, Ramsay doutait de lui. Il se disait tout à la fois ; ils ne me feront rien, un vol ça suffit, ils ne vont pas rajouter un meurtre en plus, et ensuite il revoyait la détermination et le sang-froid des braqueurs.

        Soudain, Ramsay fut parcouru d’un frisson, d’un grand froid, une giclée de peur : ils vont me tuer c’est sûr ! Le directeur de la banque, la banque à Ramsay, lui, pouvait les reconnaître !milkbar

 

 

            Patrick Ringal