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14/08/2011

Le tram de l'éternité

 

Le tram de l'éternité.jpg

Ce matin, je remontais l'avenue de la Couronne vers le boulevard Général Jacques (Bruxelles), quand une jeune femme m'a dépassé en courant. Elle paraissait très préoccupée. Je l'ai entendue parler toute seule : il faut que je l'attrape, il faut que je l'attrape ! Je me suis dit qu'elle courait pour attraper son train à la gare d'Etterbeek.

J'ai continué mon chemin, moi aussi vers la gare, mais je n'étais pas pressé.

Elle avait une dizaine de mètres d'avance. La jeune femme à tourné le coin pour emprunter le passage pour piéton. Je me suis dit : celle-là va prendre tous les risques pour attraper son train. . .

Et puis, j'ai vu ce que je n'aurais jamais voulu voir. Elle a traversé le boulevard, alors qu'un tram arrivait à toute allure. Le choc a été très puissant. La jeune femme n'a pas poussé un cri. Je crois qu'elle est morte sur le coup. Le tram l'a tirée sur dix mètres. Corps éclaté. Je me souviens de sa chevelure châtain qui est devenue rouge et grise.

J'ai fermé les yeux. Les gens ont poussé des cris, ceux que la jeune femme n'a pas eu le temps de lâcher. Elle n'a dit au revoir à personne. Elle se parlait à elle-même.

Un instant en vie et l'instant d'après . . .

Pourvu que je l'attrape ! Pourvu que je l'attrape !

Je ne savais pas qu'elle parlait du train de l'éternité. En effet, ce train-là ne passe qu'une fois ! Parfois, il peut prendre la forme d'un tram de l'éternité. Allez savoir !

 

Patrick Ringal

 

13/07/2009

Après la côte

 

valere-montee


 

 

 


       Ca je peux vous dire que j'en ai bavé en attendant cet hypothétique ami, mais bavé ! Mais (veuillez m'excuser par avance du mot utilisé) PUTAIN ! Qu'est-ce que je l'ai attendu ce qui n'est plus devenu qu'un vague souvenir ! Cet ami... Et qu'est-ce que j'en ai perdu du temps ! Vous ne trouvez pas ? Presque deux mois ! Et vous savez, chers lecteurs, ce qu'on peut faire en presque deux moi ? On peut faire deux fois le Tour de France en patin à roulettes. On peut écrire un roman à raison de deux mille mots par jour, on peut s'offrir presque 50 mégas fêtes...! On peut arrêter de boire et de fumer autant de fois qu'on veut pendant 50 jours ! Et je ne parle pas de toutes les émissions de télé qu'on peut regarder ... De tous les autres amis (les vrais cette fois) qu'on peut aller voir et revoir... De toutes les répétitions qu'on peut faire avec son groupe Coldgenius, de ces soirées barbecue, de ces journées promenade, de ces après-midi étendu dans l'herbe près d'un marchand de glaces... Enfin, il vaut mieux que je n'y pense plus. Quoi que je suis resté entre deux pendant tous ces jours ... et que ça me gel le cervelet ...

       J'ai appris qu'il était parti avec une geisha. C'est normal pour son âge. 

       Et bien moi j'ai du temps à rattraper !

      Alors je me suis tiré vite fait de cette terrasse au Belga et j'ai remonté la côte de 500 mètres pour retrouver enfin ma femme et mon appartement...

      Je vous laisse regarder la suite ...montee-a-la-citadelle

 


      Après la côte (vidéo)



Patrick Ringal


 

28/04/2009

Les hommes du bitume

 

Avenue de la couronne

 

     

 

    J’ai passé un très bon week-end. Je me suis intéressé aux ouvriers qui refaisaient notre avenue de la Couronne à Bruxelles. Je peux vous dire que c’est très impressionnant ! Tout a commencé dans la nuit de samedi à dimanche.

         Une énorme machine mangeuse de bitume a avalé quelques centaines de tonnes de notre avenue. Elle était vorace. Elle recrachait le tout dans des, oh, des dizaines de camions. Ensuite, quelques heures de sommeil et voilà une nouvelle équipe qui débarque. Il est six heures. Moi je suis perché sur un petit muret avec mon thermos de café et quelques cigarettes. C’est parti ! Le ballet des camions reprend mais cette fois ils apportent de l’asphalte brûlant. Ce que ça sent bon !

         Sauf que ce n’est pas l’avis de tout le monde. Une fenêtre s’ouvre quelque part dans un immeuble et une voix éraillée hurle :

-         Vous savez l’heure qu’il est ! Merde quoi !

Une autre fenêtre s’ouvre et :

-         Ca pue ! Bordel ! Vous pouvez pas laisser les gens dormir !?

-         C’est vrai quoi, répond une autre voix, c’est dimanche !

-         Voilà, vous êtes contents, vous avez réveillé ma petite Laurette !

Et moi d’admirer ces hommes du bitume qui recouvre l’avenue consciencieusement (putain quel mot !) avec l’or noir. Ils sont habitués aux cris d’orfraie des bigotes du dimanche matin….

         C’est promis, que je me suis dit, jamais je ne crierais sur les hommes du bitume. Jamais.

J’ai regardé le spectacle toute la journée. Ma femme est venue me rejoindre avec d’autres thermos et un plein paquet de bonnes cigarettes. Ensuite, ce fut mon fils, puis un copain de mon fils et tant qu’à faire, Christian (qui revenait d’un bar quelque part dans le nord de Bruxelles) …

         Les hommes du bitume sont devenus nos copains. Ils parlaient flamand mais on se comprenait par geste. Pour le coup ça ressemblait à un rendez-vous champêtre au bord d’une avenue brûlante et rassurante …

 

Patrick Ringal