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08/04/2008

La tour de King

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         Une vague connaissance (chauve mais parlant très bien le français) me demandait hier soir pourquoi j’aimais tant Stephen King ? 

         Je lui ai répondu que j’aimais tant cet auteur, tout comme j’aimais tant John Irving, Michael Connelly, James Elroy, William Boyd, et bien d’autres ...

         Mais vous ne lisez jamais de roman français ? 

         Non. (Je buvais du café alors que cette vague connaissance en était à son troisième verre de Gin soda, d’ailleurs il n’avait plus vraiment envie de parler, il avait envie de provoquer – ce qui arrive souvent avec les imbibés de l’emmerde !)

         Pourtant, il y a de très bons auteurs Français. 

         Je sais. Il y a aussi de très bons auteurs Russes et Japonais, et aussi Sénégalais ! Mais je ne lis jamais d’auteurs Français... Ni ne regarde de séries françaises.

         Et puis-je vous demander pourquoi ? 

         Les séries françaises sont de pâles copies. Les américains innovent. Voyez « Les experts », « Lost », « New York section quelque chose... », « Bones », « NCIS », et vous verrez que l’art de la série est devenu le huitième art ; alors que si vous regardez « Julie Lescaut », « Navarro l’indien », « La naine qui fait des miracles », « Maigret », vous comprendrez que nous nous trouvons en face d’un vieux système qui n’a pas réussi à prendre le train à temps. Tout est mal filmé, mal raconté, sonne faux. Nous avons en face de nous l’art des tranchées de l’audiovisuel. Pour les romans, je préfère la littérature anglo-saxonne. Elle foisonne. Elle digresse, cette tigresse. Elle est moins conservatrice. Mais ça n’engage que moi. King, Connelly, Boyd, ont décidé, à ma place, de me plonger dans leur bain ! Quand vous lisez un roman américain vous en lisez deux...

         Comprend pas ! 

         (Pas étonnant. Il venait de commander son quatrième verre.)

         Et bien, ai-je dit en me reculant pour fuir son haleine de hareng, vous avez le roman et sa traduction. Un style qui en traduit un autre. 

         Mais King ne fait pas de la littérature ! Il écrit de l’horreur !

         Oui, vieux débat. Moi je vous dis, Stephen King est un génie. 

         Mais vous n’avez même pas terminé « La tour sombre » !

         Que non ! Grand dieu ! 

         Mais... La finir pourquoi temps pas encore... ?

         (Et voilà, le verre de trop qui lui foutait l’alphabet cul par dessus tête !) 

         J’ai déjà lu 3000 pages et il m’en reste 2000. Je ne veux pas terminer ce roman trop vite. Je le goûte. Je mesure que je suis en face d’une œuvre majeure. Je ne veux pas connaître la fin avant d’être prêt à la connaître. Vous comprenez ?

         ... 

         C’est comme une cave à vin. Je sais qu’il me reste 12 bouteilles de Mouton Rothschild et je n’ai pas l’intention de me les enfiler en quelques soirées. Après, il n’y en aura plus. Et bien, c’est exactement la même chose avec « La tour sombre ». Quand je l’aurai terminé, il n’y aura plus jamais de mystère autour de ce roman.

         (Cette vague connaissance dodelinait de la tête. Je lui ai posé un cinquième verre en face de lui et je suis parti. Cette vague connaissance aura terminé ses cinq tomes de Gin soda en moins d’une heure et moi il me restait des mois, voire des années pour terminer les trois tomes restants de la Tour de King. A chacun son rythme...)

 

 

 

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            Patrick Ringal

    Cequejevois@hotmail.com

   

       

03/06/2007

Croisière

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         Je vais partir en croisière au large de Malte et la première pensée qui me vient est – surtout - de ne pas oublier d’emporter mon dentifrice ! Il n’y a rien qui m’énerve plus que de me retrouver sans mon tube préféré et de devoir emprunter celui de ma femme ; ou pire, d’aller en acheter un au « Free shop » du deuxième pont, car on ne sait jamais sur quoi on tombe ? Il y a des dentifrices qui vous déchaussent les dents, d’autres qui vous saignent les gencives, d’autres qui ont un goût de craie ou de pharmacie, d’autres encore qui ne rafraîchissent pas. Non, moi j’aime mon « Dento-Me » et j’entends bien l’emporter avec moi !

         Cela mis à part, je sais que je vais traîner sur le pont, étendu dans une chaise longue, à regarder l’infini de la mer. Je sais que je vais me projeter vers l’horizon. J’aime imaginer les fonds sombres et mystérieux au-dessus desquels nous naviguerons. Je vais également lire. Alors il faut que je bourre ma valise de bouquins, des poches, ainsi je pourrais en prendre plus. Je pense prendre un Michael Connelly, pourquoi pas « Trunk music », qui a judicieusement été traduit en français par « Le cadavre dans la Rolls  » ?

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         Peut-être une biographie ... Je ne sais pas laquelle, voyons, ah voilà, je vais prendre « Ecritures, mémoires d’un métier » de Stephen King. Je n’ose pas emporter « La tour sombre » car je risque de ne rien voir du paysage, ni de ma femme d’ailleurs. Non, prenons plutôt « Monsieur est servi », ainsi ça nous donnera des idées à ma femme et moi...

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         Nous pourrons faire ça sur le pont, sous les escaliers, près de la piscine.. ! Je lui ferai la lecture pendant qu’elle aura la bouche pleine. Bref, je pense prendre un quintal de livres. Je pense emporter également une bouée (je crains l’eau plus que tout) mais ma femme me dit que ce n’est pas nécessaire car ce genre de croisière a sûrement prévu le matériel nécessaire pour la survie des passagers en cas de problème ! 

         - J’espère que nous ne croiserons pas trop de naufragés au large de Malte !

         - Il paraît qu’ils ont repêché 18 cadavres, des immigrants clandestins. 

         - Tu crois qu’on a bien fait d’aller dans cette région ? Il paraît qu’il y a beaucoup de petites embarcations avec des clandestins. Ils essayent de quitter l’Afrique et la misère. Et s’ils essayaient de monter à bord !

         - La mer est grande ! Tout de même, ce serait bien notre veine si on tombait sur un de ces vieux rafiots ! Mais s’ils essayaient, je suis certain que le capitaine ordonnerait qu’on les repousse. On a payé assez cher, non ! 

         Bon, je rajoute dans mes bagages un livre sur la survie en mer, on ne sait jamais...

         Ma femme me dit que je dois laisser un peu de place pour les vêtements. Je souris. « Oui mon amour » que je pense. Je la prends dans mes bras et elle se laisse aller contre moi. Je lui dis d’un ton coquin que nous n’aurons pas souvent besoin de nos vêtements ... Elle me caresse le membre en glougloussant !

        Patrick Ringal

   cequejevois@hotmail.com