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11/11/2010

Ringalor (12) . . . philosophe

 

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              Ringalor (12) Vidéo 

 

        Je n’ai pas eu de ses nouvelles. Alors, je suis retourné à sa terrasse de café préférée. Il était là. Assit à la même place et buvait quelque chose. J’espérais que ce ne fut pas de l’alcool. Après tout, seuls quinze pour cent des alcooliques qui cessent de boire sans aide tiennent le coup ! Quand je vous disais que c’était une merde !

        Il n’avait pas les yeux dans le vide. Ses mains ne tremblaient pas. Il buvait une limonade en écrivant dans un carnet. Il m’explique qu’il prenait des notes.

        Il suffit de se poser ici, de laisser aller son imaginaire et la vie s’explique toute seule. Prends ce couple-là. Je les observe depuis un moment. Ils ont l’air de bien s’entendre. A première vue, ce sont des amis et puis, en y regardant de plus près, on remarque que lui est moins intéressé par elle (même s’il donne l’impression de bien l’écouter) qu’elle ne l’est par lui. Il se demande comment faire pour lever le camp. Comme c’est une amie et qu’en plus elle s’accroche à sa longue histoire, il est piégé. Ils communiquent, elle babille, il hoche la tête, mais ils ne sont pas sur la même fréquence. Tout à l’heure (j’espère dans pas trop longtemps pour lui), ils se sépareront en ayant l’impression de mieux se connaître, alors qu’il n’en sera rien.

        Et bien moi, c’est pareil. Je ne communique bien qu’avec moi-même. Voilà pourquoi j’aime regarder les gens et que j’aime aussi la pèche. On n’est pas obligé de parler. On peut rêver. On a le temps de se retrouver. Et si certains disent qu’on perd notre temps, il suffit de répondre : je préfère communiquer avec moi-même plutôt que de refaire le monde en buvant de la vodka.

 

                                                                       Ringalor (12) Vidéo

 

 

 

                   Patrick Ringal

 

 

09/11/2010

Mal marié

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        Ma femme n’était pas de bonne humeur hier. Elle m’a agressé. « Tu ne pourrais pas bouger ton cul ! T’es toujours fourré devant la télévision ! Tu ne vas faire les courses que pour t’acheter des bières ! J’en ai marre de toi ! (je pensais : et bien tire-toi) Tu ne pourrais pas aller promener le chien et en profiter pour descendre le sac poubelle avec tes canettes qui puent le vomi ? Oui, oui . . . que j’ai répondus pour qu’elle se calme. Maintenant gros con, il faut que je passe l’aspirateur ! (Putain d’aspirateur qui fait un potin de tous les diables !) »

        Ma femme ne ressemble pas à Kim Cattrall, « Sex and the city », quand elle promène le chien. Si je suis trop bourré, elle sort en tenue de brise-lames, entendez par là qu’elle porte un ciré et des bottes. Elle a peur que le chien lui pisse dessus (ce qu’il essaye de faire à chaque fois – je ne l’ai pas bien dressé). Notre chien pue, il est né comme ça, alors je ne vous conseille pas de le caresser si jamais vous le croisez. Venez plutôt voir un match de foot avec moi.

        Ma femme s’appelle Kim. Je suis mal marié, mais on reste ensemble pour le chien. On reste aussi ensemble parce qu’on est trop désœuvrés l’un sans l’autre. On se connaît depuis le lycée alors on a pris cette habitude de rester ensemble.

        J’ai remarqué qu’il ne faut pas grand-chose pour que les gens mal mariés restent ensemble toute une vie. Il suffit de quelques fois bouger ses fesses, de descendre les poubelles de temps en temps, de ne pas laisser entrer le chien qui pue dans la chambre et de répondre : oui Kim, en pensant à l’autre, celle que vous auriez dû épouser et qui vous fait vibrer, celle qui met des talons quand elle va à la plage, qui ne crie jamais et qui sent bon le papier glacé.

        Il y a de l’espoir en toute vie de couple.

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          Patrick Ringal

 

 

01/11/2010

Ringalor (11) . . . et sa chemise

 

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            Youtube 

 

 

        Ringalor ne voulait pas revenir. Il disait que ça n’en valait pas la peine.

        « Qui peut s’intéresser à quelqu’un d’aussi simple, qui n’a pas grand-chose à dire – oui, les petites choses de tous les jours, mais tout le monde a des choses à raconter ; et comment je me lève, et comment je me couche, tout seul ou sur ma copine, et comment je me lave les dents et ensuite je vais m’emmerder au bureau, et comment je bois mon jus d’orange, et comment j’aime les orangs-outangs, enfin bref, tous les gens ont une vie qu’ils voudraient tourner vers les autres -, alors pourquoi moi ? Qui peut s’intéresser à un ancien alcoolique, puis de nouveau un alcoolique et maintenant, un nouvel ancien alcoolique. Je n’ai plus la tête à ça.

        J’ai essayé de le convaincre – oh, je n’y allais pas en force, non, en douceur, par la bande, en diplomate amateur, sans jamais le flatter ; Ringalor n’aime pas être pris pour Auguste.

        Pendant plus d’un an j’y ai été de mon couplet anodin : tu ne nous referais pas un p’tit . . . Non ! qu’il répondait sans attendre la fin de ma phrase. Je ne suis pas prêt.

        Dans ces temps passés, je le retrouvais toujours à la même terrasse de café occupé à boire n’importe quoi, pourvu que ce soit du rapide qui monte à la tête. Il avait peur de tout. Il avait rechuté après six mois et ça l’avait rendu inexistant.
        Quelquefois, je ne le voyais même pas à la terrasse et puis, là, dans un coin, sa tête gonflée avec ses boutons, ses mains rouges, émergeaient timidement quand il levait le coude pour terminer son poison, sa merde qui lui collait au cervelet.

        Pas moyen de le convaincre.

        J’avais gardé en réserve trois Ringalor, alors je le lui ai dit :

        - Ca te dérange si je mets quelques anciennes vidéos, maintenant que t’as de nouveau arrêté ?

        - Fais . . . qu’il a répondu.

        Je fais. On verra si ça lui redonne l’envie de continuer . . .

 

        Voici la première des trois anciennes :

 

 

            Youtube

 

 

            Patrick Ringal