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25/02/2010

Dialogue décalé

 

dialoge décalé

 

 

        Voici l’interview faite par un journaliste de RTL :

 

-      Bonjour monsieur, alors, vous étiez dans le train à Buizingen ?

-      Oui.

-      Vous avez vécu un véritable cauchemar !

-      Non pas vraiment, j’étais dans le dernier wagon.

-      Le choc fut terrible ?

-      Je n’ai pratiquement rien senti. Oui, il y a eu un choc, mais bon, ça arrive hein !

-      Il y a eu des centaines de blessés, certains étaient dans un état grave . . .

-      Oui, il paraît.

-      Mais dites-moi, quand vous êtes sorti du train, il y avait du sang partout ?

-      Non.

-      Vous avez enjambé des corps mutilés ?

-      Non.

-      Je comprends, c’est difficile de revivre ces moments. Dites-moi, vous avez cassé une vitre pour sortir et écarté des bras et des jambes arrachées, comment fait-on pour se remettre d’un tel choc ?

-      Non, je suis sorti par la porte du train et ça m’a fait du bien de respirer le bon air. J’étais dans un ancien wagon fumeur alors vous comprenez ça ne sent pas toujours bon.

-      J’ai entendu dire que vous aviez des traces de cervelles sur votre costume ?

-      Si vous continuez à me poser des questions aussi stupides c’est votre cervelle qui va se retrouver sur mon costume !

-      Je comprends, c’est horrible. Vous avez perdu tout espoir de dormir en paix. . .

-      Non, je dors toujours très bien dans les trains !

-      Vous ne rêvez pas de grosses locomotives qui font tchouc-tchouc-tchouc et qui vous foncent dessus ?

-      Non, mais je rêve maintenant qu’un gros ours qui fait uuf-uuf-uuf vous défonce le derrière !

-      Je comprends. Vous avez perdu le sens des réalités. Vous savez que vous pouvez compter sur notre chaîne pour vous soutenir. Nous allons organiser un télétrain avec les survivants mutilés pour récolter des fonds. . .

 

 

         Patrick Ringal

16/02/2010

Mes condoléances

 mes condoléances

 

 

       Il n’y a pas de mot pour décrire le drame que nous avons tous vécu hier matin et surtout hier soir en rentrant chez nous et découvrant les images à la télévision, c’est une terrible tragédie. Ce sont des morts inutiles (comme si une mort pouvait être utile . . . Oui, certaines peuvent l’être), des morts qui nous rappellent qu’on ferait bien de profiter de la vie à chaque instant. Tout peut arriver et la vie a vite fait de s’envoler. On lit peinard dans son train du matin et on se retrouve sous quelques tonnes de ferrailles avec la cervelle à la place des jambes.

        Aujourd’hui est un jour gras en principe, mais ce sera un mardi plombé, quoique dans quelques heures, avec l’aide de millions de litres de bière, les frimas de la consternation seront remplacés par les brumes de l’alcool. Carnaval quand tu nous tiens ! La vie continue.

        Il n’y a pas de mot. Je fais mes condoléances sincères aux familles touchées par ce drame.

        Je retiendrai une chose importante ; c’est que flamands et wallons avaient tellement envie de se retrouver qu’ils ont foncés les uns vers les autres dans des trains sur la même voie.

        Je retiendrai que ce drame nous rappelle que nous sommes tous égaux et belges devant la mort.

 

 

          Patrick Ringal