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14/08/2011

Le tram de l'éternité

 

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Ce matin, je remontais l'avenue de la Couronne vers le boulevard Général Jacques (Bruxelles), quand une jeune femme m'a dépassé en courant. Elle paraissait très préoccupée. Je l'ai entendue parler toute seule : il faut que je l'attrape, il faut que je l'attrape ! Je me suis dit qu'elle courait pour attraper son train à la gare d'Etterbeek.

J'ai continué mon chemin, moi aussi vers la gare, mais je n'étais pas pressé.

Elle avait une dizaine de mètres d'avance. La jeune femme à tourné le coin pour emprunter le passage pour piéton. Je me suis dit : celle-là va prendre tous les risques pour attraper son train. . .

Et puis, j'ai vu ce que je n'aurais jamais voulu voir. Elle a traversé le boulevard, alors qu'un tram arrivait à toute allure. Le choc a été très puissant. La jeune femme n'a pas poussé un cri. Je crois qu'elle est morte sur le coup. Le tram l'a tirée sur dix mètres. Corps éclaté. Je me souviens de sa chevelure châtain qui est devenue rouge et grise.

J'ai fermé les yeux. Les gens ont poussé des cris, ceux que la jeune femme n'a pas eu le temps de lâcher. Elle n'a dit au revoir à personne. Elle se parlait à elle-même.

Un instant en vie et l'instant d'après . . .

Pourvu que je l'attrape ! Pourvu que je l'attrape !

Je ne savais pas qu'elle parlait du train de l'éternité. En effet, ce train-là ne passe qu'une fois ! Parfois, il peut prendre la forme d'un tram de l'éternité. Allez savoir !

 

Patrick Ringal

 

06/12/2010

Tout est question de proportion

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        J’ai une bijouterie. Je sais que la légitime défense doit être proportionnelle à l’agression. Ainsi, j’ai à ma disposition un arsenal varié.

        Un agresseur entre en criant : « La caisse, la caisse et les bijoux ! » Je lui demande poliment : qu’est-ce que vous avez comme modèle ? « Heu . . . un pistolet d’alarme. » Bien, que je réponds en me baissant et en choisissant un colt 45, j’ai plus fort que vous, alors s’il vous plait partez. Il part en rabaissant son arme.

        Une autre fois, deux jeunes hommes cagoulés sont entrés armés d’armes de poing. Même question : puis-je vous demander le modèle ? « Quoi le modèle ! T’es barjot mec ! Ce sont des flingues ! Baisse-toi et fait pas le con, on veut les bijoux ! » Vous permettez, je vais me baisser comme vous me le demandez. Je fais et me relève avec une mitraillette !

        Ils s’enfuient sans emporter les bijoux.

        On ne m’a volé qu’une seule fois. Un homme est entré en dirigeant un engin meurtrier vers moi.

        « Je veux le fric et la camelote ! »

        Bien, puis-je vous demander ce que vous avez là ?

        « Un lance-flammes connard ! »

        Je vous en prie, servez-vous . . . Vous avez un sac pour mettre le tout ?

        Il y a proportionnelle et proportionnelle !

 

 

             Patrick Ringal

 

 

25/02/2010

Dialogue décalé

 

dialoge décalé

 

 

        Voici l’interview faite par un journaliste de RTL :

 

-      Bonjour monsieur, alors, vous étiez dans le train à Buizingen ?

-      Oui.

-      Vous avez vécu un véritable cauchemar !

-      Non pas vraiment, j’étais dans le dernier wagon.

-      Le choc fut terrible ?

-      Je n’ai pratiquement rien senti. Oui, il y a eu un choc, mais bon, ça arrive hein !

-      Il y a eu des centaines de blessés, certains étaient dans un état grave . . .

-      Oui, il paraît.

-      Mais dites-moi, quand vous êtes sorti du train, il y avait du sang partout ?

-      Non.

-      Vous avez enjambé des corps mutilés ?

-      Non.

-      Je comprends, c’est difficile de revivre ces moments. Dites-moi, vous avez cassé une vitre pour sortir et écarté des bras et des jambes arrachées, comment fait-on pour se remettre d’un tel choc ?

-      Non, je suis sorti par la porte du train et ça m’a fait du bien de respirer le bon air. J’étais dans un ancien wagon fumeur alors vous comprenez ça ne sent pas toujours bon.

-      J’ai entendu dire que vous aviez des traces de cervelles sur votre costume ?

-      Si vous continuez à me poser des questions aussi stupides c’est votre cervelle qui va se retrouver sur mon costume !

-      Je comprends, c’est horrible. Vous avez perdu tout espoir de dormir en paix. . .

-      Non, je dors toujours très bien dans les trains !

-      Vous ne rêvez pas de grosses locomotives qui font tchouc-tchouc-tchouc et qui vous foncent dessus ?

-      Non, mais je rêve maintenant qu’un gros ours qui fait uuf-uuf-uuf vous défonce le derrière !

-      Je comprends. Vous avez perdu le sens des réalités. Vous savez que vous pouvez compter sur notre chaîne pour vous soutenir. Nous allons organiser un télétrain avec les survivants mutilés pour récolter des fonds. . .

 

 

         Patrick Ringal