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31/08/2009

Six feet under

 

Six-Feet-Under

Le soir j'aime regarder des sites cochons pendant que ma femme tricote dans le salon en regardant la télévision (surtout Jean-Pierre Foucault). Chacun son écran.

Ce n'est pas que le tricot me dérange, mais ça fait désordre dans le tableau que je m'étais peint de la vie de couple. Quand j'étais plus jeune, je croyais qu'on s'amusait en couple, qu'on découvrait pleins de secrets que nos parents ne nous avaient pas dévoilés (sans doute trop occupés a essayer de découvrir les leurs), qu'on n'avait pas assez d'une journée pour faire tout ce qu'on avait envie de faire à deux -quand je dis une journée, je pensais en réalité à une vie entière -. Je croyais que les couples n'arrêtaient pas de faire l'amour et qu'ils criaient de plaisir au moment de l'union sacrée (cela dit en passant, je n'ai jamais entendu mes parents brailler de plaisir, de n'importe quel plaisir, leur chambre était silencieuse comme une salle d'examens. Juste quelques murmures ...)

Je croyais beaucoup de choses. Et puis voilà, le temps n'a rien d'une danseuse exotique...

Nous n'aimons plus faire la chose. Nous ne nous sommes plus touchés depuis le début de l'année, je crois que nous l'avons fait le soir du réveillon, mais ma mémoire me joue des tours, surtout en ce qui concerne notre couple.

Quand on se couche on se dit bonsoir, puis chacun va dans sa direction. C'est comme qui dirait qu'on n'a plus trop envie, ou plus le courage, d'enlever le drap du dessus pour voir si le corps de l'autre peut encore nous jouer la sérénade.

Et puis un jour ma soeur nous a prêté une série qui s'appelle « Six feet under » en disant que c'est génial, super, méga déchirant ! Pourquoi pas ?

 

sixfeetunder4

 

(la suite mardi 1er septembre)

 

                   

 

 

Patrick Ringal

08/04/2008

La tour de King

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         Une vague connaissance (chauve mais parlant très bien le français) me demandait hier soir pourquoi j’aimais tant Stephen King ? 

         Je lui ai répondu que j’aimais tant cet auteur, tout comme j’aimais tant John Irving, Michael Connelly, James Elroy, William Boyd, et bien d’autres ...

         Mais vous ne lisez jamais de roman français ? 

         Non. (Je buvais du café alors que cette vague connaissance en était à son troisième verre de Gin soda, d’ailleurs il n’avait plus vraiment envie de parler, il avait envie de provoquer – ce qui arrive souvent avec les imbibés de l’emmerde !)

         Pourtant, il y a de très bons auteurs Français. 

         Je sais. Il y a aussi de très bons auteurs Russes et Japonais, et aussi Sénégalais ! Mais je ne lis jamais d’auteurs Français... Ni ne regarde de séries françaises.

         Et puis-je vous demander pourquoi ? 

         Les séries françaises sont de pâles copies. Les américains innovent. Voyez « Les experts », « Lost », « New York section quelque chose... », « Bones », « NCIS », et vous verrez que l’art de la série est devenu le huitième art ; alors que si vous regardez « Julie Lescaut », « Navarro l’indien », « La naine qui fait des miracles », « Maigret », vous comprendrez que nous nous trouvons en face d’un vieux système qui n’a pas réussi à prendre le train à temps. Tout est mal filmé, mal raconté, sonne faux. Nous avons en face de nous l’art des tranchées de l’audiovisuel. Pour les romans, je préfère la littérature anglo-saxonne. Elle foisonne. Elle digresse, cette tigresse. Elle est moins conservatrice. Mais ça n’engage que moi. King, Connelly, Boyd, ont décidé, à ma place, de me plonger dans leur bain ! Quand vous lisez un roman américain vous en lisez deux...

         Comprend pas ! 

         (Pas étonnant. Il venait de commander son quatrième verre.)

         Et bien, ai-je dit en me reculant pour fuir son haleine de hareng, vous avez le roman et sa traduction. Un style qui en traduit un autre. 

         Mais King ne fait pas de la littérature ! Il écrit de l’horreur !

         Oui, vieux débat. Moi je vous dis, Stephen King est un génie. 

         Mais vous n’avez même pas terminé « La tour sombre » !

         Que non ! Grand dieu ! 

         Mais... La finir pourquoi temps pas encore... ?

         (Et voilà, le verre de trop qui lui foutait l’alphabet cul par dessus tête !) 

         J’ai déjà lu 3000 pages et il m’en reste 2000. Je ne veux pas terminer ce roman trop vite. Je le goûte. Je mesure que je suis en face d’une œuvre majeure. Je ne veux pas connaître la fin avant d’être prêt à la connaître. Vous comprenez ?

         ... 

         C’est comme une cave à vin. Je sais qu’il me reste 12 bouteilles de Mouton Rothschild et je n’ai pas l’intention de me les enfiler en quelques soirées. Après, il n’y en aura plus. Et bien, c’est exactement la même chose avec « La tour sombre ». Quand je l’aurai terminé, il n’y aura plus jamais de mystère autour de ce roman.

         (Cette vague connaissance dodelinait de la tête. Je lui ai posé un cinquième verre en face de lui et je suis parti. Cette vague connaissance aura terminé ses cinq tomes de Gin soda en moins d’une heure et moi il me restait des mois, voire des années pour terminer les trois tomes restants de la Tour de King. A chacun son rythme...)

 

 

 

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            Patrick Ringal

    Cequejevois@hotmail.com