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09/03/2011

Mad Men

 

 

mad 1.jpgQuand une série est vraiment bonne, pourquoi ne pas en faire la promotion ici ? Je ne vais pas y aller par quatre chemins : « Mad Men » (diffusée sur la Deux) est tout simplement sublime ! mad 2.jpg

C'est une des plus belles réalisations que j'ai pu voir ces dernières trente années . . . et je peux vous dire que j'en ai bouffé des séries. . . des séries à se faire rallonger les intestins pour les digérer, mais que je bouffais tout de même. Il fut un temps ou la lecture ne m'intéressait plus, ni même écouter de la musique, ni parler aux autres, mais je me tartinais la rétine avec des séries, je gobais des séries à tout va, crues, indigentes, besogneuses et miteuses. . .

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Tout ce qui me tombait sous la main, je le prenais, je l'enfilais dans mon lecteur de cassettes et je regardais, comme d'autres regardent les étoiles.mad 3.jpeg

Et Mad Men est arrivé ! Avec la belle Betty et le beau Don, soit January Jones et Jon Hamm

Mad Men !

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Allons-y, aussi forte que « Twin Peaks » de David Lynch.

Depuis, je relis et j'écoute de la musique.

 

 

Patrick Ringal

 

 

02/09/2009

Six feet under (suite)

 

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Je me suis dit que je pouvais bien faire l'effort de passer une soirée avec ma femme ; ma femme s'est dit la même chose en abandonnant son tricot. Nous avons mangé en silence. Nous étions gênés. Cela faisait longtemps que nous n'avions plus programmé une activité ensemble après le repas du soir.

On s'est installé dans le divan, moi à droite et on a démarré la série, la méga mégalo démentibulaire série « Six feet under » que ma soeur nous avait conseillée !

Très beau générique, belle musique, belle couleur. Il y avait de l'idée. Ça me changeait des génériques de films cochons. On se tenait bien droit dans le divan. Je savais que nous allions lentement nous renfoncer jusqu'à nous retrouver avachis comme des ados, disparaissant dans les replis du divan.

Et puis tout a basculé. Le héros a entraîné une inconnue dans un réduit à l'aéroport (il avait atterri vingt minutes auparavant), il lui a soulevé sa jupe et, sans même connaître son nom, il l'a secouée, ballotée, bousculée... Il lui a fait remonter le cours du fleuve. Elle en redemandait, comme dans mes films cochons. Ils bavaient l'un sur l'autre un désir malsain.

J'ai serré les poings jusqu'à me faire des marques rouges dans les paumes. Mon dieu que j'étais mal à l'aise. J'ai jeté un bref regard vers ma femme ; elle faisait pareil... Nous avions cessé de respirer. Nous regardions l'écran sans rien voir. Nous espérions que la scène allait bientôt s'arrêter, mais les deux acteurs prenaient du bon temps. Ça m'a rappelé quand j'étais plus jeune et que je regardais la télévision avec mes parents : lorsqu'une scène un peu osée commençait, ma mère toussait, se levait et changeait de chaîne. Ni vu ni connu (mais je savais que le lendemain elle téléphonerait à la chaine en question pour les admonester !)

Ici, rien de tout ça. Juste du malaise concentré. Nous n'aimions plus faire la chose et nous étions là, assit dans le même divan pour la première fois depuis, oooh depuis … ? et nous étions pris en flagrant délit de puberté.

Cette scène ne s'est jamais terminée. Je me suis levé à mon tour et j'ai éteint la télévision. Ma femme a poussé un soupir de soulagement. J'ai dit : je ne sais pas ce qui s'est passé dans la tête de ma soeur ? Ma femme a baissé la sienne. Elle est jeune, qu'elle a répondu. Elle avait les joues toutes rouges.

Nous savions que nous ne regarderions plus jamais une série ensemble.

Je sais depuis que je suis passé à côté d'une grande oeuvre et que j'ai complètement foiré mon mariage …

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              Patrick Ringal