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05/01/2011

Ce n'est tout de même pas l'Irak!

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        C’est vraiment de la connerie pure ! la note de la note ! Déjà rien que l’énoncé : quelle note ? celle de la note. Mais de qui ? Bon, trêve de bavardage ou de négociation.

        Ca devient une vaste foutaise. Qui s’attendait à un miracle ? C’était d’un pathétique annoncé.

        « J’en ai rien à foutre que ces gens discutent à ma place ! » Voilà ce que dit mon voisin Christophe.

        « Moi, si je prenais autant de temps avant de prendre une décision dans mon boulot, j’aurais été viré depuis longtemps ! Alors, pourquoi pas eux ! »

        De la connerie que de reprendre les mêmes et de recommencer.

        « Tu sais quoi ? dit Christophe, je me sens seul le matin parce que je n’en peux plus d’écouter la radio qui parle de la même chose depuis 206 jours ! Je l’éteins. C’est le silence. Je suis seul. »

        Christophe tape du pied contre le mur d’un autre voisin.

        « Ca discute. On est sérieux. On arrive devant les caméras avec l’outil indispensable pour être crédible : une pile de dossiers sous le bras. Alors que la note de la note ne fait que 62 pages. C’est qu’une petite note. Ils vont discuter de la note et ils vont sortir crevés après des heures et des nuits dans le désert pour bien montrer que leur travail de discuter est un travail qu’eux seuls peuvent faire, et tu sais voisin, ils vont nous dire que ça ne va pas ! Qu’il faudrait une nouvelle note pour pouvoir encore discuter. Vrai.

       La presse va écrire la même chose que les jours et les mois précédents et nous on va se faire enculer. Voilà ce que je pense. Ils nous enculent parce qu’ils discutent d’une note qui n’est pas la bonne ! Mais moi je sais que ce n’est pas la bonne note ! Et toi voisin ? Je crois qu’ils font d’autres choses que discuter, c’est pas possible ! A mon avis voisin, ils doivent avoir des moments de détentes, si tu vois ce que je veux sous-entendre ! Ils se payent des filles avec nos votes ! Que j’essaye seulement d’arriver en retard à mon boulot ou de sauter la fille du patron, tu verras comme il va pas discuter longtemps ! Ce sont des macros qui se croient au-dessus de nous ! »irak1.jpg

        Oui Christophe . . .

        « Et qu’on vienne pas me dire : bah, c’est tout de même pas l’Irak ! Parce que si justement ! En mars 2011 on battra le record du monde d’un pays sans gouvernement . . . détenu par . . . par . . . ? »

        L’Irak ?

        « Exact voisin ! »

 

 

               Patrick Ringal

 

 

28/12/2010

Voisins 1

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        En ce qui me concerne, tout est gelé et plus moyen de communiquer. Je ne sais pas pour vous, mais rue Marichal, c’est la zone blanche, ou plutôt la zone blackout. Même Christophe, le voisin encombrant, ne communique plus. D’habitude, le croiser quand on va promener son chien c’est prendre une heure de retard sur son emploi du temps. Que je vous dise : Christophe est du genre volubile, supporter du Standard et toujours à vous proposer d’aller prendre un pot pour parler de son divorce.

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        Divorce qu’il vit, selon les jours, très bien (qu’elle se tire cette pute mexicaine !) ou très mal (j’aimais bien son chili con carne, salope de cuisinière . . .). J’aurai certainement l’occasion d’en reparler. Aujourd’hui, alors que la rue Marichal ressemble à n’importe quelle rue de Finlande, il a seulement trouvé la force de me dire qu’il faudrait recoloniser les pays d’Afrique, comme-ça on pourrait aller vivre dans nos colonies en hiver !

 

        Un autre voisin, Philippe Noiret (pas le vrai) et son chien qu’il essaye de dresser depuis trois ans, n’a pas eu le temps de me dire bonjour parce qu’il était traîné sur la glace et sur le ventre par son molosse au nom évocateur : »T-Rex » ! Il m’a fait un signe de tête avant de disparaître au coin de la rue. Tout est gelé. Un peu plus haut dans la rue Marichal habite Mme Comité. C’est elle qui s’occupe de tout dans la rue (fête de printemps, assemblée, braderie, activités diverses, etc . . .) et également de ce qui ne la regarde pas. (J’aurai l’occasion d’en reparler.) Mme Comité est gelée. Je ne l’ai pas vue. Je sais pourquoi . . . Elle ne veut pas de sans-papiers dans la caserne d’Ixelles. Donc par ces grands froids, elle préfère rester chez elle pour éviter de me rencontrer et de s’entendre dire : vous voudriez dormir dehors par ce temps Mme Comité ? Oui, tout est gelé. La rue Marichal est aujourd’hui la rue statu quo.

 voisins postaux.jpg

        Dans la rue Marichal habite aussi madame Coutordu. On l’appelle ainsi parce qu’elle penche toujours la tête sur le côté, comme si elle voulait déboucher une oreille. C’est son mari - qu’on ne voit jamais, qui lui a filé une trempe un soir de réveillon il y a bien longtemps. Elle est très gentille. Elle sourit à qui veut bien la regarder sans s’étonner. Je fais partie de ceux-là. Je lui ai donné un jour un sac réutilisable au City parce qu’il lui manquait 10 cents pour en acheter un, alors elle m’apprécie. On parle de temps en temps.

        Madame Coutordu n’aime pas les hommes (on comprend pourquoi), mais moi, c’est différent. Je ne sais pas . . . Ma tête lui revient. Je lui poserais la question un jour.

        Elle m’a dit ce matin : mon mari est trop vieux pour travailler et faire les courses. Il a mal au dos et aux jambes. Vous savez, c’est à cause de son ancien travail. Il s’occupait des sacs postaux. Malheureusement, il n’est pas trop vieux pour faire la chose, malgré le mien . . . Vous voyez ce que je veux dire ? Je ne suis pas dupe, je sais qu’il imagine une jolie jeune fille à ma place. Heureusement, avec mon cou qui braque vers la droite, je ne suis pas obligée de le regarder dans les yeux !

 

        Comme voisin j’ai également le gros Marco. C’est un personnage. Il a beaucoup voyagé dans les pays du Golfe. Il est retraité. Sa femme n’est pas sa meilleure amie. Elle travaille toujours, étant plus jeune que lui, et ne supporte pas qu’il reste à la maison. Il me disait hier : j’ai été me promener tôt ce matin. J’ai remarqué que la voiture de Gigi était couverte de glace, alors j’ai été la dégager. Quand je suis revenu, tu sais ce qu’elle m’a dit ? Non, mais je m’attends à quelque chose de glacé ! Elle m’a dit : tu as fait ça pour être bien certain que je dégage d’ici ! Dès fois, il arrive à Marco de regretter le temps ou il voyageait dans le Golfe. . . Il lui arrive de penser à des Princesses Arabes 1001 fois par nuit . . .

 

          Patrick Ringal

 

 

Voisin Golfe.jpg